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 (jane), don't take my sunshine away.

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MessageSujet: (jane), don't take my sunshine away.   Sam 13 Déc - 21:16

twinkle twinkle little star.



jane elladora - malfoy - Rosier

NOM : La couleur blonde, presque blanche, de ses cheveux vous indiquera sans grand mal son ascendance et le nom de sa famille. Née Malfoy, Jane a pris le nom de son époux Rosier lorsqu'elle s'est éternellement liée à lui et à ses deux enfants qui ne sont pas les siens, mais qu'elle essaie de considérer comme tels. PRÉNOMS : Son second prénom, Elladora, correspond davantage à la prestance que les Malfoy essaient de s'octroyer ; alors que Jane est un prénom banal, aux saveurs presque moldues. Mais rien, absolument rien, ne lie la jeune femme à ces êtres déroutants qu'on lui a appris à craindre et à détester.  ÂGE : vingt-sept ans. DATE ET LIEU DE NAISSANCE : née le 13 juin 1956, à whittleshire. STATUT SOCIAL : mariée en juillet 1983 à Daario Rosier - initialement, Jane avait été fiancée au frère cadet de ce dernier mais celui-ci a été assassiné par des membres de l'Ordre. Bavure ou geste prémédité, Jane n'en sait pas plus et n'en a finalement cure. Tout ce qu'elle sait, c'est qu'elle est plongée au coeur d'un mariage où l'amour ne prime pas et où elle tente vainement de trouver un intérêt, sans y parvenir. Pourtant elle sait qu'ils pourraient s'entendre s'ils s'en donnaient seulement la peine. Mais non, Daario s'enferme dans ses bureaux, loin de son foyer, alors que Jane essaie de prendre soin des enfants Rosier qui lui ont été confiés. STATUT DU SANG : de sang-pur. Les Malfoy ne sont pas réputés pour aller forniquer avec les moldus. Preuve en est, on lui a fait épouser un Rosier. MAISON : ancienne serpentard ; son ambition l'y a menée ainsi que sa demande silencieuse. NIVEAU D’ÉTUDES : le fait d'avoir obtenu la totalité de ses diplômes lui a initialement permis d'accéder au Ministère sans trop compter sur l'approbation de ses parents ; le fait d'avoir travaillé si dur durant sa scolarité lui laisse désormais un goût teinté d'amertume, puisqu'elle est cloîtrée en compagnie d'un bambin qui n'a visiblement cure de son grand esprit. EMPLOI : ancienne employée au Département des transports magiques, Jane a quitté son emploi afin de se consacrer pleinement à sa vie de famille ; femme au foyer, c'est ce qu'elle est devenue. LIEU DE VIE : Thurkellham, où elle essaie de s'acclimater à son nouvel entourage. BAGUETTE : vingt-six centimètres, en bois d'aubépine et contenant un ventricule de coeur de dragon. CRÉDITS : maslanys (c)



LIKE A WIZARD


nothing left to say
001. l'entre-deux ; c'est ce que Jane a toujours été. Elle n'a jamais été rien d'autre que le tampon qui allait de Lucius à Caesar, rien d'autre que celle qui supportait leurs regards noirs sans jamais s'en détourner. Elle aime ses frères, et parvient à les supporter - ce qui a finalement fait d'elle une personne diplomate et conciliante (dans la mesure du possible). Même si son ressentiment à l'égard de Caesar est fort, car elle a pris son départ initial pour une trahison, cela ne ternit qu'à moitié l'adoration qu'elle lui porte. 002. Elle est devenue celle que ses parents voulaient qu'elle soit, courbant volontiers l'échine lorsqu'il lui a été demandé de quitter son travail afin de se consacrer pleinement à son rôle d'épouse. Daario l'ignore à présent mais Jane ne regrette pas de s'occuper d'Elwyn, ressentant toutefois l'amertume de n'être que la seconde femme de Rosier. 003. Le bébé qu'elle cajole continuellement est devenu son point d'accroche, celui vers qui tous ses espoirs se tournent à présent. A force de l'entendre pleurer, mais aussi de le voir glousser ou agiter son hochet, Jane a commencé à entretenir un sentiment très fort à son égard, presque maternel. Il ne s'agit pas de son fils mais c'est comme s'il l'était – il lui arrive parfois d'oublier que cet enfant n'est pas le produit de ses entrailles, et c'est souvent avec un pincement au cœur qu'elle le considère par la suite. 004. Depuis son mariage, Jane peint. Beaucoup, ou beaucoup trop. Puisqu'elle est souvent cloîtrée entre quatre murs, et craint de s'éloigner plus de quelques minutes d'Elwyn lorsqu'ils sont seulement deux dans le manoir, elle a installé un chevalet près du berceau de l'enfant afin de pouvoir peindre dès qu'il dort. 005. Ayant suivi un bon apprentissage en tant que mère de famille, Jane a toujours su quoi faire en temps et en heure. Instinctive, la jeune femme agit pour le meilleur - même si ça signifie prendre des décisions déplaisantes. Toutefois, pour le moment, Jane n'a pas forcément l'occasion de diriger sa petite barque puisqu'elle n'a tout simplement pas l'impression d'appartenir à la famille qu'elle a intégrée.   006. Elle porte toujours son alliance, même si son mariage est loin d'être un succès. Jane s'y accroche avec une ferveur qui lui est propre, la tripotant parfois pour s'assurer de sa présence. L'idée de la perdre la terrifie, car à ses yeux il s'agit du seul lien encore palpable entre son mari et elle. Un peu d'espoir, c'est tout ce dont elle a besoin. 007. Appréciant habituellement les grands repas, Jane a perdu l'appétit depuis son mariage. Elle s'amincit à vue d'oeil et son visage émacié n'est plus que l'ombre de ce qu'il était, tout comme son regard qui perd peu à peu sa clarté d'antan. 008. Jane n'est pas sotte mais est atteinte du syndrome de l'autruche ; tout est prétexte à se mettre des œillères. Elle n'en a pas honte, préférant largement se détourner des sujets trop houleux à aborder. La meilleure solution est après tout toujours la plus simple. 009. La jeune femme prête généralement une oreille attentive aux remarques acides ; il y a en revanche quelques thèmes à ne pas aborder sous peine d'être réduit immédiatement au silence. Par exemple, depuis qu'elle s'occupe du bébé de Daario, elle supporte très mal les critiques sur sa façon de le materner. Orgueilleuse, sa fierté est encore la seule chose tangible qui lui reste. 010. En plus de ce nouveau don artistique, qu'elle emploie généralement dès que l'ennui se fait sentir durant la sieste d'Elwyn, Jane a commencé à écrire afin d'expier tout son ressenti à propos de sa nouvelle vie. Elle y met moins de coeur que lorsqu'elle peint mais écrire est à ses yeux une seconde activité qu'elle est en droit de s'offrir.

We are only as strong as we are united, as weak as we are divided.

I. que pensez vous de Voldemort et des mangemorts ?
Jane n'a pas réellement d'avis sur la question, se contentant bien bêtement de suivre les directives des hommes de la famille Malfoy. Elle a appris à éviter soigneusement les nés-moldus, tout comme elle a la très nette impression que ceux qui défient l'autorité du Lord et de ses sbires sont des ennemis. Ses idéaux, elle les épouse volontiers mais sans grande ferveur ; aucun tatouage ne marque son avant-bras et elle acquiesce sagement lorsqu'une question lui est posée. Elle sait quoi faire, comment agir – son seul objectif était de servir sa famille et jamais elle ne se serait mise dans l'embarras à cause d'une divergence d'opinions, aussi grave soit-elle. De fait, elle approuve silencieusement mais n'ira jamais jusqu'à prendre position de manière aussi poussée que certaines personnes de son entourage. Grâce à son nom et à son statut de sang, elle s’accommode plutôt bien de cette ségrégation qui foule le sang des sorciers. Par ailleurs, si elle approuve la majorité des actes orchestrés par les mangemorts - ou du moins, si elle n'a pas grand chose à dire à ce propos -, elle se sent prise à la gorge par la mort de cet Harry Potter - elle ne voyait pas un Elu, juste un bébé.


II. que pensez vous de Dumbledore et de l'odp ?
Jane se sent passablement hermétique aux actes de Dumbledore, en politique essentiellement car les souvenirs qu'elle garde de lui à Poudlard sont flous. C'est un homme bien, aurait-elle été tentée de dire mais elle se serait immédiatement pris une volée de sorts. De fait, elle garde le silence à ce propos, ses froncements de sourcils parlant visiblement pour elle. L'Ordre du Phénix ne lui apporte rien de plus qu'une terreur latente, comme absorbée par les ténèbres, car elle leur doit la mort de l'homme qu'elle était supposée épouser au premier abord. Ils sont responsables de son malheur actuel et des efforts qu'elle fournit jour après jour afin de s'en sortir. Si elle perd peu à peu pied avec la réalité, passant ses journées à bercer un enfant qui n'est pas le sien et se sentant rejetée par son propre époux, c'est à cause d'eux.


ophée ophélia 21 yo


PAYS : le Mordor où je suis la Reine. FRÉQUENCE DE CONNEXION : 12/7j. VOTRE AVIS SUR PF : j'ai croisé un mexicain qui, d'un coup de maracas, m'a envoyé ici :ophée:  COMMENT AVEZ VOUS CONNU LE FORUM : CALL IT MAGIC. PERSONNAGE : inventé. CÉLÉBRITÉ : Rose McIver. CRÉDITS : unknown @tumblr. VOYEZ VOUS DES CHOSES A AMÉLIORER ? : les fesses de la famille Rosier. UN DERNIER MOT ? : il est minuit et j'ai envie de manger des petits oursons à la guimauve enrobés dans du chocolat.  :fall:  


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Dernière édition par Jane Rosier le Mer 31 Déc - 18:59, édité 11 fois
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MessageSujet: Re: (jane), don't take my sunshine away.   Sam 13 Déc - 21:16

It matters not what someone is born, but what they grow to be.





   
   
   

– the malfoy family –
sanctimonia vincet semper.

MANOIR DES MALFOY, WHITTLESHIRE, ANGLETERRE (CHILDHOOD) ★ Une énième réflexion douteuse se fit entendre. Coincée entre Lucius et Caesar sur les marches du perron, Jane commença à se tordre afin de s'extraire de cette pince humaine. « Le jour où vous parviendrez à vous entendre tous les deux, je vous en prie, envoyez-moi une cohorte d'elfes de maison pour m'en prévenir. » Aucun de ces deux énergumènes ne répondit, ni ne bougea alors qu'il était clair que leur sœur souhaitait s'enfuir avant la tempête. Elle n'était pas dupe ; ses frères ne s'appréciaient guère et, souvent, elle avait l'impression désagréable de n'être que le tampon qui parvenait parfois à calmer leurs ardeurs. Mais pas aujourd'hui. Ses chères têtes blondes se débrouilleraient sans ses sourires compatissants et ses douces remontrances ; Allons, c'est ton frère, parle-lui correctement, n'avait-elle de cesse de clamer à qui voulait bien l'entendre. Mais plus elle parlait, plus ses mots perdaient de leur sens. Elle n'en était pas encore à un point où elle souhaitait baisser les bras. Juste prendre des vacances anticipées sur ce qui se préparait dans l'ombre, derrière leurs petits yeux de fouine. A croire que leur gentillesse s'était perdue quelque part entre leur mauvaise foi et leur verve déstabilisante. Finalement, Jane abandonna la simple perspective de se défaire de ses frères. Le tableau était parfait, elle qui voyait une explication secondaire à tout, Jane percevait dans le simple fait d'avoir les fesses coincées entre celles de ces jeunes hommes un renvoi plutôt sordide face à l'avenir. « Cesse donc de gigoter. » la voix de Lucius tempêtait de nouveau. « Laisse-la tranquille. » C'était à se taper la tête contre les murs. Alors qu'ils auraient pu se liguer contre elle – elle n'en avait cure, peut-être que ça aurait arrangé la situation –, Caesar préférait prendre sa défense alors que rares étaient ses prises de position en l'honneur de sa sœur. Ce geste la toucha et faillit lui faire esquisser un sourire. Le silence s'abattit alors sur eux, seulement brisé par moment par les claquements sonores que produisaient les elfes de maison en disparaissant d'un endroit à l'autre. Être femme, cela ne lui était pas permis. Elle était la fille d'Abraxas Malfoy ; on disait d'elle qu'elle deviendrait épouse et mère. Mais on ne lui octroyait pas l'avantage d'être quelque chose d'autre. En étant envoyée à Serpentard, Jane ne brillait pas par sa méchanceté – puisqu'elle préférait éviter gentiment les nés-moldus en fronçant le nez plutôt que de les affronter de vive voix – mais se targuait d'être celle que ses parents voulaient voir devenir. Peu importait le nombre d'héritiers qu'elle aurait, elle pouvait bien être stérile que cela ne changerait pas la donne – elle était femme, ses enfants porteraient le nom de son époux plutôt que celui des Malfoy. Elle n'était pas un élément essentiel dans l'équation familiale, juste un pion que l'on bougeait avec brio pour alimenter certaines relations. Elle en avait conscience (vaguement) mais cela ne la dérangeait pas ; au contraire, à force d'imaginer des enfants, elle en avait finalement pris goût. Elle se savait malléable, se contentant sagement de jouer le tampon entre ses frères et de courber l'échine sous le bon-vouloir de ses parents. Pauvre petite chose blonde. Oui, pauvre pauvre petite chose.


   
   
   

– where innocence is burned in flames –
a million mile from home, I'm walking ahead.

MANOIR DES MALFOY, WHITTLESHIRE, ANGLETERRE (1982) ★ Il était charmant. « Miss Malfoy » Harwood Rosier saisit la main de Jane et y apposa ses lèvres. Le geste la fit étirer ses lèvres en un sourire conquis. La jeune femme croisa les jambes et s'inclina, comme sa mère lui avait appris à le faire. Elle savait qu'ils s'entendraient bien – ne serait-ce qu'en remarquant la manière qu'il avait de l'observer. Ses yeux brillaient d'un éclat particulier et, s'il paraissait passablement réservé à première vue, elle savait pertinemment qu'il n'en était rien. Derrière elle, Jane pouvait sentir son père se tendre tandis qu'il posait ses doigts fins et glacés autour de ses épaules. Très bien, très bien, semblait-il dire. Ils avaient mis un certain temps afin de dénicher la liaison parfaite qui permettrait à leur famille de s'illustrer davantage dans le monde de la sorcellerie – Harwood Rosier était un bon parti, n'avaient-ils de cesse de répéter, et il était encore célibataire. De plus, il portait la Marque des Ténèbres ; et Abraxas appréciait la loyauté des partisans, plus qu'il ne voulait bien l'avouer. Jane avait peur de paraître sans saveur, sans odeur, sans parvenir à projeter la moindre once de désir – elle se trompait lourdement, le corps étriqué dans une robe noire étroite, les phalanges le plus souvent accrochées autour du bras de son frère aîné qui l'aidait à se mouvoir du mieux possible. « Monsieur Rosier » glissa-t-elle en se redressant « Quel dommage que vos frères n'aient pas pu se libérer. » Son père approuvait ; elle le sentait acquiescer. Par Merlin, elle connaissait les hommes qui l'entouraient sur le bout des doigts. Lucius, Caesar, Abraxas – ces trois sorciers dont elle ne pouvait finalement pas se passer et dont elle pouvait parfois prédire les réactions avec une précision qui lui était propre. « En effet, mais vous aurez d'autres occasions de les rencontrer. » Elle hocha la tête. « Sans nul doute. » Elle ne les connaissait que de noms et les rencontrer rendrait sûrement la chose plus évidente ; bientôt, elle deviendrait l'épouse d'Harwood Rosier et rejoindrait leur lignée. C'était une certitude plutôt apaisante - au fond, le mariage arrangé lui permettait de se savoir l'épouse prochaine d'un homme reconnu. L'instrument d'une alliance indéfectible.

« Jane, attendez » L'interpellée fit volte-face, une main déjà sur la poignée. Les boucles rousses d'Harwood voletaient autour de son visage angélique. La jeune femme pencha la tête sur le côté, forçant son sourire plus qu'il n'était raisonnable de le faire. Elle n'avait qu'une envie : celle de fuir. Mais elle tint bon, se répétant sans cesse les directives incisives de sa mère sur ce qu'elle devait ou pas faire en présence de son futur époux. Humblement, elle garda ses dents dévoilées en un étirement plus ou moins tremblant de lèvres. Lorsqu'il la rejoignit, Harwood posa ses mains sur ses épaules et y contracta ses doigts. « Vous vous inquiétez pour moi. » Pas seulement, aurait-elle voulu dire, mais son amertume ne parvenait pas à franchir la barrière de ses lippes. En désespoir de cause, elle se mordit la lèvre inférieure mais n'esquissa pas le moindre geste de recul. Lucius était aussi source d’inquiétudes mais jamais elle n'avait osé le dire – peut-être même se morfondait-elle plus pour sa vie que pour celle de son fiancé. Après tout, elle ne le connaissait pas bien et, si elle n'appréhendait plus leur future vie de couple, il restait pour elle un inconnu. Une terre inexplorée qu'elle découvrirait prochainement. Devant sa moue dubitative, un rire secoua la gorge du jeune homme alors qu'il se penchait en avant, déposant ses lèvres contre le front de sa suppliciée. Son souffle chaud caressant sa peau fraîche, il parla alors « Je ne prétends pas être immortel mais je ne compte pas mourir de sitôt, il se recula un peu et considéra sa fiancée de son regard le plus indiscret, je vous aime Jane. C'est une promesse que je vous fais. Notre mariage aura bientôt lieu. » Et quelle promesse ! Un tourbillon de mousseline, de sentiments étranges et d'enfants en pagaille. Tout était pour le mieux, puisque Jane voulait trouver un équilibre : force était de constater qu'elle l'avait découvert. La jeune femme acquiesça mollement. « Puissiez-vous avoir raison, Harwood. » Elle ne l'aimait pas - pas encore -, et il ne méritait pas pareil mensonge. Être honnête, protéger sa famille. Les deux piliers qui forgeraient l'existence de ses filles, si elle en avait mais peut-être n'en aurait-elle pas. Pour le mieux sans doute, car elle ne voulait pas retrouver ses propres fantômes dans le regard trouble d'une petite fille aux boucles blondes.



   
   
   

– the fire's out but still it burns –
and no one cares, there's no one there.

MANOIR DES MALFOY, WHITTLESHIRE, ANGLETERRE (JUIN 1983) ★  « Harwood Rosier est mort. » L'annonce claqua comme un fouet et lui imposa le silence. Jane baissa son regard vers son assiette, réduite à l'état d'enfant – ce statut dont elle ne pouvait pas se défaire. Ce fiancé qu'on lui avait imposé, cet homme qui avait dit l'aimer (était-ce vrai ou faux ? au final, elle n'en savait pas plus et ce n'était peut-être pas plus mal) – il était mort. Son cœur se serra. Elle l'avait apprécié, timidement certes, et cette sentence était bien sinistre. Un poids glacé s'installa dans son estomac. « Est-ce que cela signifie que... » elle pivota, chercha du soutien de la part de Lucius. Il la considérait d'un œil brillant, curieux de savoir si elle terminerait sa phrase. L'aide qu'elle attendait de sa part ne vint jamais mais elle ne s'en formalisa pas ; rares étaient les fois où il s'était dressé en l'honneur de sa sœur, et pourtant cette dernière savait qu'il tenait à elle. L'atmosphère était austère et les minutes écoulées ne jouaient pas en sa faveur. « Non. » Abraxas l'avait devancée. La boule qui se formait dans son estomac devint douloureuse et Jane se sentit sur le point de défaillir. « Son frère aîné, Daario, a récemment perdu sa femme en couche. Une union entre vous serait donc de mise. » Jane sentit son front se plisser – elle aurait voulu entendre la voix de Lucius. Elle aurait tant aimé ne plus être confrontée à cette décision, car son opinion (si elle en avait une) n'était pas demandée. La gorge serrée, elle se sentait la victime d'une plaisanterie douteuse. « Arrêtez-moi si je me trompe, mais Daario... n'est-il pas... n'a-t-il pas quarante-trois ans ? » elle entendit au loin Lucius se racler la gorge et elle imaginait sa mère frémir d'indignation. « En effet. » Le regard d'Abraxas était pourtant fixé sur sa progéniture, mais il ne sourcilla pas lorsqu'un tic nerveux commença à agiter la commissure des lèvres de Jane. « Et sa fille..sa fille a quelques années de moins que...que moi » D'un geste leste du bras, son paternel la fit taire. Dès lors, Jane serra les dents et un profond sentiment de honte empourpra ses pommettes. « Cette alliance est importante. Peu importe l'âge de sa fille, ce n'est pas la tienne. » Il lui était inutile de préciser qu'il voulait que Jane ait des enfants ; les héritiers qu'elle aurait porteraient le nom de Rosier. Les Malfoy feraient perdurer leur lignée grâce à Lucius et à Caesar., Mais Jane parvenait à trouver du sens dans ce qu'Abraxas lui disait, ce qui ne l'empêchait toutefois pas d'appréhender une telle union.

Ce mariage était somptueux. Ils se complaisaient tous dans l'abondance de petits fours et des nombreux mets raffinés qu'ils ne tarderaient pas à goûter. L'union éternelle de deux êtres qui ne se connaissaient pas était finalement secondaire. Les estomac criaient famine. Et les cris se firent plus stridents encore lorsque Jane, joliment coiffée par sa mère, donc la taille était emprisonnée par une robe de mariée se présenta aux yeux de tous. Toute cette mousseline, tout ce tissu fluide qui semblait liquide – cette perspective alarmante prenait des allures de rêve. Daario lui présenta son bras. Ensemble, ils remontèrent l'allée. Tandis qu'ils apprenaient à marier leur démarche, le sourire de Jane frémit lorsque son regard tomba sur la fille aînée de Daario, Maysilee, qui portait son petit frère contre elle. Elle se sentit brusquement hypocrite ; pourtant, cette pointe de réjouissance lui pinçait le cœur. Le Ministère n'était plus que de l'histoire ancienne. Son travail, son véritable destin, elle l'épouserait en se mariant à Daario. Au moins, son sourire – quoique tremblant – rattrapait facilement le détachement visible de celui qu'elle s'apprêtait à embrasser. Il n'arborait pas la moindre expression, comme si le simple fait de se faire glisser la bague au doigt lui importait peu.

La soie épousait ses épaules et voletait autour de sa taille. Soutien-gorge, porte-jarretelles, culotte en satin. Lentement, elle fit glisser sa robe de chambre (qui n'avait robe de chambre que le nom tant celle-ci avait plus tendance à la rafraîchir plutôt qu'à la réchauffer) le long de ses bras et posa délicatement le tissu sur le dossier de la chaise. Elle se sentait prête, animée par une tension qui lui comblait les membres. Daario était de marbre. Il enleva son t-shirt et, sans autre forme de procès, se glissa sous les draps en investissant le côté droit du lit. « Bonne nuit. » Il se fiche de moi. Immobile, Jane se sentit brusquement heurtée dans son orgueil – n'avait-il pas remarqué ce qu'elle s'apprêtait à faire ? Ce que tous les hommes et les femmes effectuaient généralement le soir de leur mariage ? La culpabilité s'était envolée au profit d'une colère sourde, profonde, qui ne tarderait pas à retentir. Ce stupide véracrasse se fiche de moi. Sa mâchoire inférieure s'affaissa tandis qu'elle cherchait quoi lui hurler. Mais elle se ravisa au dernier moment, se dirigeant d'un pas lent jusqu'au lit sur lequel elle s'installa. Le dos bien posé sur le matelas, la nuque de Daario était tout ce qu'elle parvenait à voir. « V-tu veux pas qu'on parle un peu ? » Le lit grinça lorsqu'il roula sur le flanc, les paupières bien ouvertes. Jane avait remonté la couverture jusqu'à son cou, voilant ainsi ce qui ne devait pas être vu. Pas maintenant, en tout cas. Il avait une manière de la regarder, qui retranscrivait sans doute une indifférence la plus totale, qui ne présageait rien de bon. Ce mariage était voué à l'échec, les signes étaient là. Mais elle refusait de se laisser berner par des premières impressions. « On a eu une grosse journée aujourd'hui, et je vais travailler demain. » Jane arqua un sourcil, intriguée. « Tu travailles le dimanche ? » Daario garda le silence un bon moment, tant et si bien que la jeune femme sut que ce qui passerait ses lèvres ne serait qu'un mensonge. « Pas vraiment, non. Enfin, j'ai des dossiers à terminer. » Silence. « Alors...bonne nuit. » Il se fiche de moi.



   
   
   

– Say something, I'm giving up on you –
I'll be the one, if you want me to.

MANOIR DES ROSIER, THURKELLHAM, IRLANDE (SEPTEMBRE 1983) ★  Il ne lui accordait aucun regard. Leurs lèvres s'étaient effleurées quelques mois plus tôt, sous les yeux intéressés des membres de leurs familles, et plus rien – tôt le matin, il partait et rejoignait son bureau, ses dossiers. La vie que Jane ne pouvait plus se permettre d'avoir en quelque sorte. Cette nuit était une nuit comme toutes les autres. Maysilee dormait dans sa chambre, imperméables aux hurlements stridents de son petit frère. Elwyn s'en était donné à cœur joie, faisant vriller les oreilles de sa belle-mère par ses cris déchirants. Mais plus tard, lorsque Jane avait entendu l'écho des pas de Daario retentir dans le living-room, il s'était finalement endormi. Doucement, Jane l'avait déposé dans son berceau, le recouvrant d'une fine couverture et calant contre sa joue un bout de tissu qui appartenait à sa défunte génitrice. Pour seule figure maternelle, il n'aurait jamais rien de plus qu'une jeune femme maladroite. Peut-être était-ce cela qui faisait pleurer Jane lorsque, allongée sur son matelas, elle observait le plafond – ou bien était-ce à cause de cet homme dont elle partageait la couche mais qui refusait de lui adresser plus longuement la parole. Fantôme silencieux, Jane quitta la pièce mais ne referma pas la porte derrière elle, se sentant plus rassurée à l'idée de ne pas confiner ce petit être entre quatre murs. Doucement, elle franchit le couloir. Son cœur tambourinait dans sa poitrine mais son visage de porcelaine ne laissa rien paraître. Ses émotions étaient violentes, contradictoires. Elle sentait que ses mains tremblaient. Peu à peu, elle se rapprochait de Daario, manquant de dévaler les escaliers au pas de course pour le retrouver au plus vite – qu'avait-elle à lui dire ? Rien de plus que ce qu'il ne savait déjà. Pénétrant dans le salon, elle le trouva là, confortablement installé dans son fauteuil, attelé à la lecture d'un livre. Rapidement, le regard de Jane trouva les indications soulevées par l'horloge. Vingt-deux heures. Ses sourcils se froncèrent imperceptiblement, mais elle n'était pas femme à émettre une remarque même lorsque celle-ci concernait le retard impardonnable de son époux. A croire qu'il souhaitait retarder le moment où il la rejoindrait dans leur lit conjugal. C'était bien plus qu'une pensée fugace, il s'agissait d'une certitude. De même, il avait sûrement détecté sa présence dans la pièce – elle n'était pas bien discrète et se tenait à moins de quatre mètres de lui – mais il ne réagirait que lorsqu'elle se signalerait.

Elle se racla la gorge, osa faire un pas dans sa direction « Daario ? » l'interpellé leva brièvement ses prunelles claires de son ouvrage, et rien – même pas l'ombre d'un sourire – ne vint éclaircir ses traits. Le silence s'éternisait. Sans le vouloir, elle appuya malgré elle sur la partie qui lui était sensible « Il est tard, tu dois être fatigué. Est-ce que tu veux...manger quelque chose ? Ou tu préférerais peut-être venir dormir ? » Daario semblait exténué et, en guise de réponse, leva légèrement le livre qu'il tenait en mains. Non pas pour lui en montrer le titre, mais bien pour lui signifier que son activité actuelle était sûrement plus passionnante. « Je suis en train de lire, Jane. » Alors quoi ? Je te dérange, peut-être ? Ta femme te dérange ? Par Merlin, accepte-moi. Ces mots pressaient ses lèvres. Mais Jane avait été modelée pour être l'épouse parfait, celle qui ne soufflait jamais un mot plus haut que l'autre. Celle qui courbait volontiers l'échine sous le bon-vouloir de son mari. Ils n'étaient que deux inconnus, partageant le même lit et les mêmes couverts. Elle s'occupait de ses enfants, essayant d'enseigner à ces deux gamins qui auraient pu être les siens les préceptes qui lui avaient été inculqués. « Très bien. Elwyn vient de s'endormir et tu manques à Maysilee. Elle voudrait que tu passes un peu plus de temps avec elle. On pourrait peut-être sortir vendredi soir, tous les quatre ? » Comme une famille, aurait-elle voulu ajouter mais cet ajout désespéré se bloqua en travers de sa gorge.  De nouveau, Daario lui accorda un regard accablé et, dans la pâle clarté de ce salon, elle le trouva étrangement beau. « J'ai beaucoup de travail. » Réduisant à néant les quelques mètres qui les séparaient, Jane s'agenouilla auprès de son époux, le forçant à délaisser son livre pour se préoccuper davantage de ce qu'elle avait à lui dire. « Je le sais parfaitement mais ça nous ferait plaisir de passer plus de temps avec toi. » « Je n'ai aucun temps à vous accorder pour le moment. Je suis vraiment désolé Jane, crois-le bien mais... on en reparlera plus tard, d'accord ? » La jeune femme hocha lentement la tête. Se redressant, elle s'immobilisa dans son geste et posa ses lèvres entrouvertes sur la joue de son mari. Seule parcelle de peau à laquelle elle avait accès. « Bonne fin de soirée, Daario. » Sa voix n'était plus qu'un murmure et sa présence n'était toujours pas indispensable.

Inutile. Ce mot la faisait claquer des dents, tandis que le souffle régulier de Daario lui indiquait qu'il s'était endormi. La pièce était plongée dans la pénombre et, les mains croisées sur ses poitrine, Jane observait ce qu'elle pensait être le plafond. Maysilee avait la vingtaine passée, elle n'avait pas besoin d'une belle-mère pour s'occuper d'elle - seul Elwyn semblait réclamer des soins mais force était de constater que Jane s'y prenait visiblement mal. Ses cris étaient assourdissants et ponctuaient chacun de ses faits et gestes. Malgré le silence, la jeune femme avait l'impression d'entendre des hurlements enfantins - mais il n'y avait rien, non, rien hormis l'atmosphère pesante qui régnait dans la pièce. Daario lui tournait le dos, assoupi. Ses cils battirent, une larme roula le long de sa joue brûlante. Au final, qu'était-elle ? Sinon la remplaçante d'une femme devant qui le monde semblait s'incliner. Misérable substitut, ni plus ni moins. Elle aurait tout donné pour redevenir Jane Malfoy. Roulant sur le flanc, elle glissa lentement son bras sur la taille de Daario, se collant timidement à son dos. Elle posa sa main tout contre son torse et, comme à son habitude, il lui prit les doigts - mais elle n'était pas dupe, il était encore endormi et il devait penser qu'il s'agissait de sa première épouse qui l'enlaçait. Une fatalité à laquelle Jane se savait capable de s’accommoder. Collant sa pommette humide contre le tissu qui recouvrait la peau de Daario, Jane sentait son coeur marteler sa poitrine. Qu'es-tu ? Malheureuse. Mais qui es-tu ? Rien de plus qu'une ombre. Une ombre, rien de plus qu'une ombre. Elle enfouit son visage dans le creux du cou de son mari et, après avoir pleuré, s'endormit enfin.



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(jane), don't take my sunshine away.

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