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 (gemma), and make it better.

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MessageSujet: (gemma), and make it better.   Ven 19 Déc - 19:24

i'm not gonna crack.



gemma mary fawkes

NOM : Fawkes. PRÉNOMS : Gemma, Mary. Des prénoms moldus qu'elle affectionne tout particulièrement. ÂGE : vingt-cinq ans. DATE ET LIEU DE NAISSANCE : la jeune femme est née le treize juin 1958, à Sainte-Mangouste. STATUT SOCIAL : célibataire. STATUT DU SANG : de sang-mêlé ; sa mère était une cracmole qui a été rejetée par sa famille qui, dans sa quête d'idéal, cherchait à purifier son sang. MAISON : ancienne serdaigle ; elle aurait voulu que sa soeur cadette rejoigne elle aussi cette maison mais sa fougue et sa verve l'ont envoyée à Gryffondor. Un mal pour un bien, sans doute. NIVEAU D’ÉTUDES : elle a obtenu tous ses ASPIC et toutes ses BUSE même si certaines de ses notes étaient pas glorieuses ; elle souhaitait devenir auror et a tout donné pour ce faire. La tournure tragique de sa vie est alors plutôt amère. EMPLOI : gérante de la librairie Granny's Secret. LIEU DE VIE : Pré-au-Lard, dans l'appartement qui se situe au-dessus de la librairie qu'elle gère. BAGUETTE : faite en bois de rosier, contenant une plume de phénix et mesurant près de vingt-six centimètres ; sa baguette est plutôt souple et l'accompagne depuis son plus jeune âge. CRÉDITS : psychozee (c).



LIKE A WIZARD


nothing left to say
001. Proche de son père, il était étonnant de constater que sa sœur cadette était davantage plus attachée à leur mère. Gemma possédait le calme et le manque de verve de leur géniteur, tout comme son introversion. 002. Avec la mort de ses parents, Gemma a été obligée de s'ouvrir et de commencer une vie bien différente que celle qu'elle avait imaginée quelques années plus tôt. Devenant la tutrice légale de sa sœur à la suite de l'accident de voiture qui leur enleva père et mère, la jeune femme a été confrontée plus rapidement que prévu au désarroi de sa cadette. 003. Tenir une librairie ne l'a jamais particulièrement enthousiasmée ; mais à présent qu'elle tente de sauvegarder l'héritage familial, elle se rend compte qu'elle aurait fait une bien piètre auror. Elle ne possède pas cette étincelle propre aux plus grands d'entre tous les sorciers – non, elle est très bien comme elle est, à savoir parmi les livres. 004. La relation qu'elle entretient avec ses pairs a toujours été plus ou moins dépendante. Elle n'a que très peu d'amis mais, dès qu'elle ressent de l'affection pour quelqu'un, il lui est presque impossible de s'en défaire. Lorsqu'elle aime, c'est toujours passionnément. La mort de ses parents a été un véritable déchirement et la fugue de Rose, sa sœur, lui a brisé ce qui lui restait de cœur. 005. Toujours en perpétuelle compétition, Rose a fugué le jour de la rentrée après avoir savamment proposé à son aînée de prendre congé. Gemma culpabilise, se rendant compte qu'elle aurait dû essayer d'arrondir les angles bien plus tôt afin de tuer dans l'oeuf les espoirs idéalistes et rebelles de sa sœur, et ressent également une pointe très vivace de colère. 006. Depuis peu, elle accueilli un ancien prisonnier chez elle, qui est également devenu un employé de la librairie. Gemma le considère comme un ami et n'hésite pas à débarquer « malencontreusement » dans la salle de bain lorsqu'il prend sa douche – se rincer l'oeil n'a jamais fait de mal. 007. De même, sa tante a refait surface après quelques mois de silence et, après la mort de son troisième mari, a décidé d'investir la dernière chambre disponible chez sa nièce. Acanthe étant tout ce que Gemma exècre, elle a véritablement cédé à contrecœur. Si elle préférerait mourir plutôt que de l'avouer, elle est heureuse d'être entourée – cela permet de palier à l'absence constante de Rose. 008. Gemma ne se sépare jamais de sa baguette, même pour aller se dégourdir les jambes. Avec la disparition de ses parents, elle est devenue plus prudente et s'est rangée du côté de la paranoïa. 009. Elle a souvent tendance à materner les gens avec qui elle vit ; que ce soir Reysen, Acanthe ou, quelques mois plus tôt, Rose. Elle surgit souvent derrière leur dos, arrange leur tenue ou leur explique calmement pour quelle raison ils ne peuvent pas sortir vêtus de la sorte, "tu pourrais attraper froid". 010. Possessive, elle a du mal à partager les gens qu'elle aime, ce qui rend ses relations plutôt houleuses et explosives à la longue.

We are only as strong as we are united, as weak as we are divided.

I. que pensez vous de Voldemort et des mangemorts ?
Elle les craint – c'est une certitude plutôt palpable à laquelle elle s'accroche et qui la pousse à être davantage prudente. A ses yeux, ils sont de retour, cela ne fait pas le moindre doute. Avec la mort d'Harry Potter, l'Elu comme ils l'appelaient, les ténèbres semblent revenir en force – mais il y a toujours de l'espoir qui s'incarne dans chaque sorcier idéaliste et prêt à prendre les armes. Voldemort est une figure à abattre avant qu'il ne renaisse ou réapparaisse au devant de la scène médiatique – et ceux qui se battent dans l'ombre ne le savent sans doute que trop bien. Toutefois, Gemma ne se sent pas impliquée dans cette guerre qui se profile au loin, elle qui ne va jamais trop loin dans ses attentions et ses idées. Le règne de terreur mourra avant même de renaître, mais ce ne sera pas grâce à elle. Gemma n'est pas de ces gens-là, elle ne l'a jamais été.


II. que pensez vous de Dumbledore et de l'odp ?
Dumbledore est un grand homme – même les mangemorts doivent l'admirer. Quant à l'Ordre du Phénix, que dire ? Si ce n'est qu'ils représentent sûrement le seul espoir des sorciers à l'heure actuelle – ou du moins de ceux qui ne désirent pas voir Voldemort retrouver sa puissance d'antan. Gemma les admire, comme la majeure partie de la population – mais elle se sent tellement écartée de cette pseudo-guerre qui se prépare qu'elle ne se sent pas impliquée plus que cela dans cette organisation. Elle se contente de les observer de loin, d'imaginer qui peut en faire partie et fantasmer parfois sur ce qu'elle pourrait leur apporter. Mais c'est du domaine du rêve seulement, et elle en est parfaitement consciente. Un jour, ils les sauveront tous et ce jour-là, Gemma se targuera de les avoir soutenus.


ophée ophélia 21 yo


PAYS : le slip de Dark Vador. FRÉQUENCE DE CONNEXION : 0/7j, il pue trop ce forum. VOTRE AVIS SUR PF : j'en ai pas, uech. COMMENT AVEZ VOUS CONNU LE FORUM : par une intervention divine, celle du gros chou superbe. PERSONNAGE : inventé. CÉLÉBRITÉ : Emilia Clarke. CRÉDITS : @tumblr. VOYEZ VOUS DES CHOSES A AMÉLIORER ? : faudrait qu'il s'épile les jambes parce que ça va plus là. UN DERNIER MOT ? : écrire ici.



Dernière édition par Gemma Fawkes le Jeu 15 Jan - 13:55, édité 7 fois
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MessageSujet: Re: (gemma), and make it better.   Ven 19 Déc - 19:24

It matters not what someone is born, but what they grow to be.





   
   
   

– all because of you –
I believe in angels.

GARE KING'S CROSS, LONDRES, ANGLETERRE (SEPTEMBRE 1983) ★ Gemma aurait voulu lui prendre ses valises mais Rose avait refusé, prétextant qu'elle était suffisamment grande pour porter ses bagages. Son aînée n'avait pas protesté, la laissant agir à sa guise comme elle avait coutume de le faire désormais. Elle ne blâmait pas sa sœur pour les regards en biais qu'elle lui lançait – elle ne se permettait pas se prendre la place de leur mère, chose qui lui semblait d'ailleurs inimaginable. Son autorité était sans cesse remise en question et, à travers les méandres d'une colère latente, elle en comprenait les raisons. La commissure des lèvres relevée en un sourire un tantinet forcé, elle faisait toujours bonne figure lorsqu'elle franchissait le seuil de sa librairie en sa compagnie de Rose. L'accompagner à King's Cross était une corvée dont elle aurait préféré se passer – mais par amour pour cette petite sotte, elle se chargeait de faire ce que ses parents n'étaient plus capables de faire. Ensemble, elles avaient franchi le muret qui séparait le quai moldu du quai sorcier. « Tu n'as rien oublié ? » pour la première fois depuis leur départ, Gemma avait osé faire éclore sa voix. Ces tensions l’insupportaient encore depuis quelques années mais elle vivait avec – et force était de constater que Rose faisait de même. Une incapacité de communiquer – voilà ce à quoi la libraire songeait, alors qu'elle prenait les devants et faisait vibrer un son mielleux entre ses lippes tremblantes. Le visage de Rose, étrangement inexpressif, se froissa à peine lorsqu'elle lui répondit. « Je ne pense pas. » Surprise par cette intervention plus amicale qu'escomptée, Gemma acquiesça et continua sa marche. Rose la devança et fit alors volte-face, l'empêchant alors de continuer. « Tu peux partir. Je sais que m'accompagner à la gare n'a jamais été le plus grand des délires pour toi, alors tu sais - » Rose haussa les épaules, esquissa un demi-sourire « je ne t'en voudrais pas. » Gemma fut tentée d’attraper cette proposition au vol et de s'enfuir, tournant le dos à tous ces adolescents qui grouillaient aux portes du train. Ils lui rappelaient une époque où ses seules impératifs consistaient à se faire remarquer par Tobby Dawson, savoir qui allait l'inviter au bal et comment elle allait réussir ses examens. Ses parents n'étaient pas encore morts, elle n'avait aucun deuil à porter. « Tu en es sûre ? » Rose hocha la tête. « File donc, ça te permettra d'ouvrir la librairie plus tôt. » Éberluée par tant de compassion, Gemma se pencha et plaqua brièvement ses lèvres contre la joue de sa cadette. Cela faisait bien longtemps qu'elle ne lui disait plus qu'elle l'aimait. Ca se comptait en années. Elle partit et ne se retourna pas.

Mademoiselle Fawkes, j'ai le regret de vous annoncer que votre sœur ne s'est pas présentée à Poudlard le 1er septembre 1983 (...) Son cœur tambourinait contre sa poitrine. La gorge serrée, les larmes qui s'amoncelaient dans ses yeux l'empêchèrent de continuer. De l'air, de l'air.

La clochette vibra. Les yeux rougis, Gemma ne prêta pas la moindre attention au nouveau venu. L'ombre se déplaça pourtant jusqu'à son bureau sur lequel des parchemins vierges s'entassaient. Incapable de se concentrer depuis la fuite de Rose, la jeune femme se sentait à deux doigts de flancher – mais les affaires continuaient et baisser les bras était inenvisageable. Elle leva finalement les yeux et fut surprise de constater la beauté du client, mais aussi une aigreur qu'il paraissait cacher sous sa carapace. Après quelques secondes, Gemma se décida enfin à ouvrir la bouche puisque l'étranger ne semblait pas prêt à le faire à sa place. « J'peux vous aider ? » « Je me demandais si vous cherchiez du..monde. » « Du monde ? » L'homme haussa les épaules. « Un employé. » Gemma, dont la patience était limitée ces derniers temps, grinça des dents. Il semblait propre sur lui, mais les cachotteries la prenaient à la gorge et la forçaient à envisager les choses sous un autre angle. Agacée, la jeune femme tapotait la table de ses doigts. « Par Merlin, regardez-vous ; vous n'êtes pas vraiment le modèle type du libraire. Alors expliquez-vous sinon partez. » L'homme ne sembla pas surpris d'être confronté de la sorte à la vérité qu'il devait lui livrer. « Je viens de sortir d'Azkaban, j'ai été condamné pour avoir tué l'assassin de mon fils. J'ai pris une chambre au Chaudron Baveur. Je cherche un travail. J'aime les livres et vous en vendez. » Il débitait ça de manière très formelle, très mécanique. Gemma, les yeux écarquillés car jamais elle n'avait pensé recevoir de telles informations aussi tôt, sentit sa mâchoire inférieure s'affaisser. L'espace d'un instant, elle en oublia la disparition de Rose et fut seulement focalisée sur la solitude qui se profilait à l'horizon, sur cette souffrance dont elle devrait se débarrasser tôt ou tard. « Je - je vois. » Non, elle ne pouvait pas faire ça. Elle ne pouvait pas faire confiance à un inconnu - sa soeur aurait hurlé et lui aurait arraché les yeux. « Vous êtes embauché et.. si ça vous intéresse, j'ai une chambre de libre. » Elle ne le proposait pas seulement pour lui, mais aussi pour sauvegarder sa raison qui lui paraissait défaillante. Elle avait besoin de voir du monde, de côtoyer des gens qui ne lui rappelaient pas constamment sa soeur. « Vous vous appelez ? » L'homme, qui paraissait intimidé par une telle proposition - ou seulement un tantinet choqué de constater à quel point cette femme semblait peu méfiante, prit quelques secondes de réflexion avant de réagir. « Reysen. » La libraire sourit enfin. « Gemma. Bienvenue à la maison, Reysen. »



   
   
   

– why don’t you teach your heart to talk –
give me give me what I need.

LIBRAIRIE GRANNY'S SECRET, PRE-AU-LARD, ECOSSE (SEPTEMBRE 1983) ★ Reysen avait raison, Tristan était charmant. Peu causant avec elle, certes, mais charmant. A travers les épaisses œillères qu'elle avait pris la décision de s'imposer, elle se racla la gorge, encouragée par un hochement de tête de la part de son nouveau colocataire. « Ma sœur n'est pas allée à Poudlard. Je l'ai accompagnée jusqu'à la gare et- » Le détective hocha la tête et Reysen se rapprocha, conscient que celle qui l'avait accueilli semblait être sur le point de flancher. Ou peut-être connaissait-il sur le bout des doigts celui qui avait été – et qui était toujours, si Gemma se fiait à la loi – son beau-frère et qui l'avait par ailleurs tiré d'Azkaban quelques semaines plus tôt. « Vous ne l'avez pas surveillée. » Cette constatation, loin d'être aimable, la fit arquer un sourcil. Son regard passa de Tristan à Reysen, de Reysen à Tristan. Est-il obligé d'être aussi désagréable avec moi ? Son ami passa un bras autour de ses épaules, esquissa le fantôme d'un sourire avant de se reprendre. Gemma se redressa, entrouvrit la bouche... mais se dégonfla presque instantanément. La jeune femme se lova davantage contre son colocataire et se racla la gorge. « Hm, effectivement. » Il hocha la tête. « V-vous ne prenez pas de notes ? » la question était sortie, sans être pour autant incisive ou accusatrice. Tremblante, Gemma se tourna vers son ami et, d'un mouvement de la tête, désigna l'inconnu qui se tenait immobile au sein de sa boutique. « Il ne prend pas de notes ? Pourquoi il ne prend pas de notes ? » Reysen lui flanqua un coup de coude dans les épaules et fit danser ses sourcils – elle était encore impressionnée par ses prestations faciales mais ce n'était pas ce qu'elle demandait pour le moment. Encore passablement éberluée par l'énergumène qu'il venait de lui présenter, elle s'interrogeait sur la confiance qu'elle pouvait placer en lui. Était-ce un piège ? Ca suffit, ferme-la. C'était au tour des lèvres de Reysen de danser, et elle parvenait à déchiffrer ce qu'il lui disait désormais. Elle acquiesça, jugeant effectivement préférable de se taire. Reportant son attention sur Tristan qui, si elle se fiait à ses lèvres frémissantes, suivait avec passion leur échange depuis le commencement, il fit perdurer le silence durant quelques secondes qui lui parurent être une éternité. « Écoutez, je n'ai pas pour habitude de rechercher les gosses qui ont décidé de n'en faire qu'à leur tête. » Il glissa une œillade à Reysen dont le front s'était plissé. « Mais je peux facilement comprendre votre souffrance, alors je vais vous aider. C'est d'accord. » Infiniment soulagée, Gemma se précipita vers lui et, au lieu de saisir la main qu'il lui tendait, se jeta à son cou et y enfouit son visage. Enroulant ses bras autour de sa nuque, elle pouvait aisément imaginer les regards de désespoir qu'il devait être en train de lancer à son acolyte – mais elle s'en fichait, il allait l'aider. C'était tout ce qui comptait. Elle l'aurait volontiers embrassé. Et la réalité de cette envie la fit rougir.

« Arrêtez de me regarder comme ça. » Gemma baissa la tête, ravala le ricanement insipide qui pressait ses lèvres et répondit à l'attaque. « Je ne vous regarde pas. » Elle l'imaginait en train d'arquer un sourcil et de reprendre sa lecture. Depuis qu'ils avaient été présentés, Tristan lui rendait visite chaque jour pour lui faire part de ses nouvelles – la plupart du temps, il n'y avait rien de bon à se mettre sous la dent. Et lorsqu'ils n'avaient plus rien à se dire, Tristan s'installait devant l'un des fauteuils que Gemma avait entreposés dans la librairie, face à la cheminée qui ne crachait plus que des cendres froides, et lisait. Le plus souvent, il partait quelques heures avant la fermeture mais il lui était déjà arrivé de rester jusqu'à l'heure fatidique des portes closes. Gemma n'avait pas encore osé l'inviter à dîner ; à l'évidence, elle avait d'autres choses en tête comme la disparition de sa sœur, sa librairie dont les finances étaient en chute libre. Elle ne savait pas de quelle manière remettre l'ordre dans ses affaires puisqu'elle refusait d'abandonner sa cadette et cette petite entreprise montée par ses parents. Plus qu'un souvenir familial, la librairie était ce qui la rattachait physiquement aux membres de sa fratrie. Pourtant, elle n'avait pas l'esprit tranquille. Ses prunelles allaient de la silhouette de Tristan à la porte d'entrée ; elle espérait voir sa sœur en franchir le seuil. Un espoir vain auquel toutes ses pensées étaient rattachées. La présence de Tristan à ses côtés la fit sursauter - elle ne l'avait pas vu se lever et se glisser à ses côtés. Il jeta un bref coup d'oeil à la montagne de parchemins sur laquelle la jeune femme planchait. « Mauvaise journée ? » Il la sondait intensément, comme si elle était un problème intéressant à résoudre. « Granny's Secret n'est malheureusement pas au même niveau que Fleury & Bott. » soupira-t-elle en désignant les factures qui n'avaient de cesse d'augmenter. Les rentrées d'argent étaient insuffisantes et si elle avait su que tenir sa petite affaire était une entreprise si compliquée, peut-être l'aurait-elle alors vendue afin de se faire une place au Ministère. C'était ce qu'elle avait voulu faire initialement, avant la mort de ses parents qui avait tout remis en question. Mais elle ne les blâmait pour cela – ils étaient morts, disparus, envolés. Leur en vouloir aurait été bien stérile. « Je préfère votre librairie. Elle est plus coquette. » Gemma se frotta la joue, ne cherchant pas à retenir le sourire qui s'amoncelait au coin de ses lèvres. « Vous êtes gentil Tristan. » Elle le pensait et commençait à l'apprécier en tant qu'être humain, et non pas seulement sous l'étrange lueur du détective dont le cœur mécanique faisait griller tous ses circuits.

Gemma l'avait attrapé par l'épaule et l'avait forcé à lui faire face. Ses doigts se contractèrent autour de sa prise tandis que ses sourcils froncés n'annonçaient rien de bon. Une énième mauvaise journée, comme Tristan aimait les appeler – et comme à chaque fois, ce dernier semblait avoir fait chou blanc. Elle ne voulait plus entendre ça, plus jamais. « Vous m'aviez dit que vous alliez la retrouver. » Le jeune homme esquissa un pas en arrière et son ton était égal à celui qu'utilisait son accusatrice : terrassé par une colère sourde. Il se dégagea de son étreinte faite d'acier. « J'ai entamé des recherches il y a moins d'un mois, Gemma. Jusqu'à preuve du contraire, les pistes ne poussent pas sur des arbres. » La libraire poussa un soupir qui s'assimilait presque à un grognement où se mêlaient contrariété et aigreur. Ne pouvait-il pas se montrer plus humain ? N'était-il pas doté de la moindre empathie ? Soudain, elle voulut lui faire mal. Le faire souffrir comme il la faisait souffrir en ne lui rapportant rien d'autre que du vent. Elle n'avait cure de Reysen, qui devait sûrement errer dans l'appartement au-dessus de la librairie, ses murmures prirent des proportions considérables. « Voyez-vous ça. C'est sûrement ce que vous avez dit à Reysen lorsqu'il était à Azkaban. » Tristan secoua la tête, et la prévint. « Ne parlez pas de choses que vous ne comprenez pas. » cela ne fit qu'attiser davantage sa fougue destructrice. « Comprendre quoi ? Que Reysen a fait le sale boulot à votre place parce que vous n'aviez pas les couilles de tuer le gars qui s'en était pris à votre famille ? Ou bien que votre femme et votre fille sont mortes à cause de vous ? » Le silence retomba. Gemma sentit sa mâchoire inférieure s'affaisser légèrement. Jamais elle n'avait voulu lui dire ce genre de chose ; les mots avaient clairement dépassé sa pensée. Sans un mot, Tristan fit volte-face, prêt à quitter la librairie. Peut-être, ou sans doute, pour ne plus jamais revenir et il aurait eu raison. Gemma tendit de nouveau le bras, saisit la manche du détective et tira dessus si fort qu'elle aurait pu la déchirer – il lui refit de nouveau face. Tirant encore la manche jusqu'à elle, le jeune homme n'eut d'autre choix que de suivre les directives physiques de son interlocutrice. Il la heurta sans le vouloir et Gemma suivit le mouvement en épousant de son dos le comptoir sur lequel s'étaient ses comptes. Tout était très instinctif. Perdue mais consciente de ce qu'elle faisait, elle n'esquissa pas le moindre geste de recul lorsque le visage de Tristan s'approcha dangereusement du sien, et que leurs lèvres ne formèrent plus qu'un seul corps. Il était collé contre elle, et Gemma ne pouvait que profiter de sa tiédeur et de ce contact qu'elle savourait presque en désespoir de cause.
Puis vint le moment de la prise de conscience. Tristan brisa ce lien, considéra la jeune femme de ses yeux noisette. Elle n'entendait plus que sa respiration lente et modérée, à croire qu'il ne venait pas de l'embrasser. Il lui fallut un certain temps pour réagir à partir du moment où le détective se glissa en dehors de la librairie, aussi silencieux qu'un fantôme. Elle avait encore la chaleur de sa bouche aventureuse contre ses lippes. Mais qu'avait-elle fait ? Qu'avait-elle dit ? « Tristan, non... » un sanglot s'échappa de ses lèvres alors qu'elle se précipitait jusqu'à la porte qu'elle ouvrit à la volée. La nuit l'enveloppa de sa fraîcheur. « T-Tristan ! Tristan, je suis désolée, je suis tellement désolée – je...je ne pensais pas ce que j'ai dit...Tristan » Reysen surgit à ses côtés, alerté par les hurlements qu'il venait d'entendre. Sans dire mot, peut-être avait-il compris - peut-être pas, il l'empêcha de s'effondrer en passant son bras autour de ses épales. « Il est parti. » Parti, parti, parti.



   
   
   

– the bradford family –
where were you when the lights went out.

LIBRAIRIE GRANNY'S SECRET, PRE-AU-LARD, ECOSSE (OCTOBRE 1983) ★ « Qu'est-ce qu- » Gemma se redressa brutalement, tapant malgré elle des poings sur la table. Reysen, qui se tenait quelques secondes plus tôt à bonne distance, se rapprocha. Il l'intimait silencieusement à garder son calme. Elle pouvait le sentir dans sa façon de se comporter et elle n'avait pas besoin de réfléchir bien longtemps pour comprendre les raisons de ses étranges manières – la femme qui venait de pénétrer dans la librairie était divine. Des boucles rousses, une poitrine à l'en faire pâlir d'envie et un sourire délicieux. Sa tante, celle qui appartenait à sa famille maternelle, celle dont on évitait de prononcer le nom. Jusqu'en avril 1983, Gemma ignorait tout de sa tante – sa mère Ellana, cracmole de son état, avait eu le malheur de naître dans une famille de sang-pur qui cherchait à tout prix à se purifier. Ellana fut envoyée dès son plus jeune âge chez l'un de ses oncles qui possédait les mêmes tares qu'elle et qui n'était en définitive plus tellement regardant sur les capacités de sa chère nièce. Elle avait haï cette femme dès qu'elle s'était présentée, cherchant à retrouver sa sœur aînée – elle est morte, maintenant tu dégages sinon je te jure par Merlin que ça va très mal se passer – et sa soeur cadette n'en avait rien su. Cela ne lui avait visiblement pas servi de leçon puisqu'elle était revenue. Avec quelques bagages en prix. Tirant sur ses gants avec ses dents, Acanthe matait copieusement Reysen avant de reporter toute son attention sur sa nièce. « Tu l'as bien choisi, honey. » Gemma grogna. « Je ne l'ai pas choisi, il a déjà une épouse. » Plus large se fit le sourire d'Acanthe. « Pardon, tu as raison. Un petit cinq à sept n'a jamais fait de mal à personne. » Médusée, la libraire l'observait de ses yeux ronds. Ses poings se fermaient et se refermaient. Ne venait-elle pas d'une famille respectée ? Comment est-ce que cette somptueuse créature pouvait-elle être aussi abjecte ? Prenant la parole en même temps que Reysen, elle le coupa malheureusement dans son élan. « Je ne - » « Il n'est absolument pas question de cinq à sept entre nous, alors maintenant tu remballes tes affaires ou je » « Gemma, tu pourrais me laisse fi- » « toi tu te tais ! » se chamaillant ouvertement devant Acanthe, qui exprimait toujours de cet air amusé, Gemma porta son regard furieux sur les valises qu'elle portait toujours. Son froncement de sourcils était une question à lui seul. Un petit rire cristallin, et peut-être un tantinet agacé, passa les lèvres de sa tante. « J'espérais un peu de chaleur de ta part, Gemma. » Reysen laissa également échapper un petit ricanement – qui lui valut d'ailleurs un bon coup de coude dans les côtes. « J'ai connu quelques petits soucis récemment et mes parents n'ont pas eu l'air de les apprécier ; puisque j'étais visiblement un frein à leur idéal de pureté, ils m'ont rejetée. Comme ta mère avant moi, d'ailleurs, d'après ce qu'on dit d'elle. » Elle baissa le menton vers ses valises qu'elle déposa finalement sur le sol de la librairie. « Je pensais pouvoir compter sur ton hospitalité. » Non. Non, non. Reysen comblait déjà le vide dans la chambre de Rose et jamais elle ne permettrait à cette immonde guenon d'investir la chambre de ses parents. Non, non, non.

Et évidemment Gemma avait cédé. Après tout, elle avait bien accueilli Reysen alors qu'il s'agissait ni plus ni moins d'un inconnu. Que pouvait-elle faire face à une tante ? Hormis courber sagement l'échine et lui permettre de pénétrer dans son humble demeure qui n'avait visiblement rien à voir avec l'aisance des Bradford. Bienvenue chez les Fawkes, morue. Acanthe se gardait de faire le moindre commentaire, se contentant simplement de prendre ses aises dans la chambre dans laquelle sa sœur avait dormi quelques années auparavant. Tandis que, furibonde (et accusant Reysen de tous ses maux), Gemma errait dans l'appartement comme une âme en peine, sa tante l'intercepta au passage. « Merci, au fait, c'est très...charitable de ta part de m'accueillir ici. » la jeune femme se racla la gorge, un peu gênée de s'ouvrir autant face à sa nièce qui n'était au fond qu'une sinistre inconnue. « Pour être franche avec toi, j'ai connu quelques hommes avec qui les choses ont dérap- » « ouais, je sais, y a des gens qui disent que tu les as tués. Les trois. » Gemma arqua un sourcil tandis qu'elle s'adossait à l'encadrement de la porte de la chambre parentale. Elle jaugea sa vis-à-vis du regard. « Tu devrais avoir de quoi vivre avec ce qu'ils t'ont laissé, non ? » Acanthe baissa les yeux, comme si elle cherchait à fournir une réponse spirituelle à cette question, puis les releva. Elle se racla la gorge et reprit. « Tout finit par s'épuiser, je suppose. L'argent, la prestance, la beauté. Même l'amour que me portaient tes grands-parents. » Gemma acquiesça, brusquement soufflée par ce que son interlocutrice pouvait lui confier ; elle se rendit compte de sa bêtise. Ce n'était pas par la faute d'Acanthe si sa mère avait été évincée par la famille Bradford. Ce n'était pas de sa faute si elle avait été rabaissée plus bas que terre à cause de son absence de magie. Doucement, Acanthe s'assit sur le bord du lit, serra les cuisses et croisa les jambes. « J'ai été navrée d'apprendre la mort d'Ellana, j'aurais aimé la connaître. » Gemma s'avança un peu plus dans la pièce. « T'ont-ils caché son existence ? » La jeune femme secoua paisiblement la tête. « Non, pas du tout. Mes frères et sœurs... nous savions tous que nous avions une aînée cracmole et qu'elle était 'la honte de la famille'. » elle utilisa ses index pour les employer en guise de guillemets. « Alors tu aurais pu la connaître, si tu en avais seulement pris la peine. Tu as eu le temps de te marier trois fois, mais pas celui de retrouver ta propre soeur. » Gemma tourna les talons, traversa le couloir, manqua de trébucher et de s'étaler face contre terre. Mais elle se rattrapa in extremis au porte-manteau, avant de se précipiter jusqu'à sa chambre.

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