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 romma + sister don't test the ones you love

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MessageSujet: romma + sister don't test the ones you love   Sam 17 Jan - 2:35



Sister don't test the ones you love,
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Rose Fawkes alias « Eddie Simmons » & Gemma Fawkes






« (…) come and stir my cauldron and if you do it right, I'll boil you up some hot, strong love to keep you warm tonight… » La radio posée sur le comptoir crachait une chanson célèbre de Celestina Moldubec, de celles qu’adoraient les sorciers et qui ne manquaient jamais de faire glousser Rose du fait de ses paroles un brin… tendancieuses. Elle les reprenait d’ailleurs en cœur avec enthousiasme, se trémoussant sur une table judicieusement placée pour lui permettre d’atteindre l’arrière de l’escalier de bois et ses plus sombres recoins, où Rosmerta l’avait chargée de traquer la poussière. Evidemment, la tâche aurait été plus aisée si elle avait eu sous la main une certaine Molly Weasley, dont les techniques et autres formules en terme de ménage étaient sans égales… Mais sous cette apparence elle ne pouvait se permettre d’envoyer un hibou express à celle qui la connaissait justement en tant que Rose, et qui n’avait encore que des contacts courtois mais distants avec Eddie Simmons. Elle s’était donc résolue à y aller à la moldue ; méthode laborieuse assortie d’un fond sonore déplaisant, pour ne rien arranger : un membre de la Protection & Etude des Animaux et Créatures Magiques psalmodiait depuis des heures à propos de la découverte en Australie d'un grand nombre de carcasses de kangourous, laissant penser qu'un Opaloeil des Antipodes mâle, chassé par une femelle dominante, avait dû fuir sa terre natale et s'en prendre à ce nouveau gibier. So-po-ri-fi-que. Il établissait des liens rocambolesques entre la déforestation dont étaient responsables les moldus et l’agressivité de la femelle, lorsque la tenancière, n’y tenant plus, avait eu le bon goût de changer de chaîne pour s’arrêter à la RITM. Bientôt, A Cauldron Full of Hot, Strong Love résonnait à tout rompre dans l’auberge. Satisfaite, la femme était retournée au récurage des chambres, laissant derrière sa jeune employée désormais plus occupée à se dandiner et à tortiller hanches et torchon qu’à faire briller l’escalier. « Oh, such thrills await, 'cause together we are ready to proceed... Drink from my cauldron full of hot, strong love, it's all the magic you'll ever need ! »

Un cri de surprise franchit la barrière de ses lèvres lorsqu’une paire de mains trouva, sous sa jupe, le chemin de ses cuisses, et elle manqua de justesse de dégringoler de son perchoir. Ses joues brûlèrent de honte lorsqu’elle baissa les yeux pour croiser le regard amusé d’un Silas dont les doigts baladeurs couraient déjà à l’orée de son sous-vêtement, de part et d’autre de sa taille. « Si tu m’accordais quelques minutes d’intimité, je serais honoré de répondre à cette invitation », susurra-t-il alors qu’elle ouvrait grand les yeux (et la bouche), choquée. Elle écarta ses mains d’une tape et s’empressa de retrouver la terre ferme. Sa précipitation n’arracha qu’un ricanement de plus à son homologue, dont les bras se nouèrent aussitôt autour de sa taille, avec un tel naturel qu’on eût dit qu’il s’agissait de leur place légitime. « Tu ne crois pas qu’on s’est suffisamment tourné autour, Eddie ? Il serait peut-être temps de passer à l’étape suivante… » Sa voix chaude traçait un sillon frissonnant sur la nuque de la jeune femme, et elle dut rassembler tout ce qu’elle avait de volonté pour échapper à l’étreinte, les lèvres étirées en une moue faussement mutine. « Une autre fois, peut-être », répliqua-t-elle finalement en dénouant le tablier qu’elle portait et en filant vers l’étage, tout en lançant par-dessus son épaule, le cœur battant : « J’ai un rendez-vous. » Aussitôt arrivée, elle cogna un coup sec contre la porte de la chambre-bureau de Rosmerta avant de se précipiter à l’intérieur et de claquer la porte derrière elle, le souffle court. « Est-ce que tout va bien ? » Visiblement alarmée par son allure échevelée, la propriétaire des lieux la détailla avec une inquiétude que Rose dissipa d’un geste de main négligeant. « On ne peut mieux. Hm... j'aimerais partir plus tôt aujourd’hui, si ça ne te dérange pas. Le rez-de-chaussée a été nettoyé de fond en comble, promis », débita-t-elle à toute allure, papillonnant des cils et joignant les paumes pour faire flancher sa patronne. Celle-ci hésita un instant, puis acquiesca avec réticence. « Très bien, je te libère. Mais attention, si je trouve le moindre grain de poussière – » « Aucun risque ! » Sur cette affirmation, Rose déguerpit en lui soufflant un baiser, peu désireuse de lui laisser le temps de se rétracter.

A vrai dire, elle n’était pas réellement attendue. Elle s’était simplement sentie submergée par le besoin de se blottir dans les bras d’une sœur, d’une complice d’autrefois, pour délaisser sa comédie quotidienne et se sentir de nouveau adolescente l’espace d’une soirée. Elle était… désemparée, oui, ce devait être le mot. Pourtant, se retrouver devant la porte du Granny’s lui fit l’effet d’une douche froide. L’excitation mêlée de panique qui l’avait menée jusque-là cédait le pas face au pragmatisme de la militante qui sommeillait en elle, et qui lui rappela impitoyablement qu’il n’était pas question pour elle de ruiner sa couverture sous prétexte qu’elle était incapable de démêler ses émotions. Gemma ne pourrait les décrypter pour elle, elles ne partageaient qu’une relation vendeuse-cliente ne favorisant aucunement des rapports de cet ordre. Plus encore : même sa véritable relation avec sa sœur, telle qu’elle l’avait laissée à la fin de l’été, n’était que peu propice à un quelconque degré d’intimité. Rose hésita un instant devant la porte, puis se secoua. Tant qu’à être déjà là, elle rentrererait. Elle avait besoin d’une soirée off et, à en croire l’air quelque peu abattu qu’affichait la brune de ses pensées de l’autre côté de la vitre, elle n'était pas la seule.

La clochette tinta lorsqu’Eddie pénétra dans la librairie, scandant un bonsoir qui lui fut chaleureusement rendu. « Dure journée ? » attaqua-t-elle sans laisser le temps à son aînée, toujours professionnelle, de lui demander ce qu’elle pouvait faire pour elle. Déjà plutôt habituée à sa prétendue « curiosité », Gemma se montra conciliante et lui répondit sans s'en formaliser. Visiblement, les ventes avaient connu de meilleurs jours, tandis que le nombre de factures, lui, ne cessait d’augmenter. La jeune femme semblait un peu défaite et agacée, en dépit de ses efforts pour n'en rien laisser paraître. Rose s’accouda face à elle, le menton posé dans le creux de ses paumes, pour la scruter. « Vous avez vraiment besoin d’un peu de répit. » Elle leva un index lorsque sa sœur ouvrit la bouche pour protester : « Non, passer des heures à espérer qu’un client franchisse la porte ne peut pas être considéré comme tel. C’est plutôt anxiogène, à mon humble avis. » Elle inclina la tête, cherchant un moyen d’emmener l’idée qui lui trottait dans la tête… « Peut-être pourriez-vous tourner cette journée creuse à votre avantage ? En vous accordant une soirée détente, par exemple. » Habituellement, l’endroit demeurait ouvert encore une ou deux heures de plus. Rose se fendit d’un petit sourire sincèrement navré et la raisonna d’une voix qui se voulait douce. « Je ne crois pas que quelqu’un d’autre se présentera d’ici l’heure de la fermeture. » Elle la laissa débattre en elle-même, protester, hésiter… abdiquer. « Besoin d’un coup de main pour tout rassembler ? » D’office, elle se dirigea vers les fauteuils installés autour d’une cheminée où crépitait un feu timide, sans vraiment attendre de réponse, et récupéra des livres abandonnés sur place  par les lecteurs de passage pour les placer en pile sur le comptoir. Inutile de tenter de les ranger elle-même, elle n’avait jamais eu la patience d’apprendre à s’y retrouver dans toutes ces étagères. « Alors dites-moi, quel est votre secret pour décompresser lorsque le moral est au plus bas ? » Elle s’interrompit un instant, fit mine de réfléchir… puis haussa les sourcils à plusieurs reprises, suggestive. « Un homme caché sous le comptoir ? Ou mieux ! Une réserve d’alcools de qualité ? A moins que vous ne les rangiez sagement dans l’arrière-boutique, bien à l’abris des regards… » C’était cette dernière option qui était la bonne : Rose le savait pour avoir vu son père s’y retirer à de nombreuses occasions, lorsque les affaires tournaient plus lentement que prévu. Il ne manquait qu’à espérer que Gemma accepte de cracher le morceau… et se laisse convaincre de décapsuler un bouteille pour arroser les heures à venir.
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MessageSujet: Re: romma + sister don't test the ones you love   Dim 18 Jan - 1:21



sister don't test the ones you love
There's a chip on your shoulder girl And by God it'll make you fall If you let it take a part of your soul. I've seen the love in your brother's eyes And the love in your mother's cries, Sister don't test the ones you love. Sister don't let go, Sister don't let go of us, Sister don't let go, Sister don't let go of us. Cause your roots will rot away And your fruit, it won't grow, Your bark will wear thin, body hollow. I've seen the love in your brother's eyes And the love in your mother's cries, Sister don't test the ones you love.  Don't test the ones you love It'll only tear us down If you want to feel alive Then learn to love your ground. ~ sister.


La clochette vibra. Pleine d'espoir, Gemma se redressa et toisa le nouvel arrivé de son regard brillant. La moue nonchalante de Reysen lui fit l'effet d'un coup dans la poitrine et, lâchant un grognement désespéré, la jeune femme retourna à ses parchemins noircis d'encre. Le sorcier se dirigea vers elle et posa ses mains contre la paroi boisée sur laquelle elle travaillait ; elle pouvait sentir toute son inquiétude, et cette question qui avait du mal à passer ses lèvres mais qui n'avait de cesse de le tracasser. Croisant les bras sur son bureau comme s'il s'agissait d'un pupitre d'écolier, Gemma se raidit et releva la tête, un sourcil recourbé en un étrange accent circonflexe. « Combien y a-t-il eu de » « Qu'est-ce que tu » ils s'interrompirent, alors qu'ils avaient commencé à parler en même temps. Battant des cils, Gemma effectua un petit mouvement de menton pour lui indiquer qu'elle était fin prête à l'écouter. Pianotant le bureau de ses doigts mal-assurés, clairement gêné de lui poser la question qui lui brûlait pourtant les lèvres, Reysen se jeta à l'eau, ne manquant pas d'éclabousser son amie par son manque de délicatesse. « les clients – combien y en a-t-il eu aujourd'hui ? » Gemma haussa les épaules, se contentant de jeter un coup d’œil aux factures qui s'accumulaient et qu'elle pouvait encore payer, comme si ce geste était une réponse suffisante. Force était de constater que les affaires n'étaient pas bonnes, mais l'avaient-elles déjà été ? Plus jeune, elle n'avait pas pris la peine de s'intéresser à la vente dont ses parents s'occupaient et peut-être aurait-elle dû se montrer plus intéressée par les chiffres et les dettes. Face aux factures qui s'amoncelaient, une boule d’inquiétude s'était formée dans sa gorge et la poussait à travailler plus que de raison, attendant l'arrivée d'un miracle qui lui semblait désormais inespéré. Gemma se racla la gorge. « Hm, peu. Très peu. » elle se gratta la joue, les yeux dans le vague « Aucun, à vrai dire. J'pense que tu peux te permettre de prendre ta journée » Reysen hocha la tête et tourna les talons. Avant de franchir la seuil du petit commerce, il lui lança un dernier coup d’œil où un savant mélange de tristesse et d'apitoiement l'éclairait. Il ne la laisserait jamais tomber, et Gemma lui en était infiniment reconnaissante car, au point où elle en était, elle n'espérait plus rien de salvateur dans sa vie pour le moment. Sauf peut-être le retour inopiné de Rose ; parfois, elle se surprenait à contempler la porte d'entrée, rêvant d'entendre la clochette carillonner, annonciatrice de bonnes nouvelles et d'un retour tant attendu.

Mais ce n'était que des mirages – des rêves qui n'étaient pas sains car ils la menaient, lentement, aux frontières d'un tout nouveau monde. Celui des fantasmes qui s'accumulaient et la faisaient idéaliser chaque jour un peu plus le territoire qu'elle avait investi plusieurs années auparavant. Jamais elle n'aurait dû s’embarrasser d'une librairie ; elle se disait parfois qu'elle aurait dû vendre ce bâtiment, plier babages et emmener Rose à Londres. Dans un petit appartement, où elle aurait pu se rendre à pieds jusqu'au Chemin de Traverse ou à King's Cross. Leur vie aurait été différente et cela aurait sûrement été pour le mieux. Gemma était accrochée à cette idée, comme si tout ce qu'elle avait effectué pour le moment n'était que chimère et désolation. Rose avait préféré la fuir plutôt que d'accepter son jeune âge, et l'autorité de sa sœur aînée. De nouveau, la clochette sonna et, revivant le même élan d'espoir, Gemma sursauta et se prépara à se jeter sur le client potentiel – qui n'était autre qu'Eddie Simmons. Une jeune femme délicieuse qui tendait à exprimer sa curiosité partout où elle se rendait ; Gemma ne comprenait pas toujours les raisons pour lesquelles cette dernière se rendait régulièrement à la librairie, mais les petits moments de causette qu'elles s'octroyaient parfois étaient exquis.

Scandant une parole de bienvenue, Gemma répondit avec entrain à l'intérêt de la sorcière, alors qu'elle aurait voulu lui demander si elle pouvait lui être utile. Peu à peu, elle percevait dans l'enthousiasme de son interlocutrice une demande bien précise à laquelle elle répondit avec un demi-sourire. Elle savait clairement où elle voulait en venir et, après quelques secondes de débat intérieur, elle abdiqua et courba  l'échine sous la volonté de la cliente. Elle se disait qu'elle n'avait rien à perdre – après tout, elle aurait perdu quelques heures en restant plantée là, derrière son bureau, attendant un chamboulement dans son existence bien morne. Eddie lui proposa son aide et, sans même avoir obtenu la moindre réponse, débarrassa la petite table face à la cheminée des livres qui l'encombraient. Avec un soupir plus embarrassé qu'elle ne l'avait imaginé, Gemma prit quelques secondes supplémentaires pour organiser les nombreux parchemins, les ordonner pour ne pas perdre la tête le lendemain. Encore plongée dans les chiffres qu'elle rechignait à classer, un gloussement vrilla sa gorge tandis qu'elle levait un regard curieux vers sa vis-à-vis « Je n'aurais pas pu dire mieux ; j'ai effectivement quelques petits remontants dans l'arrière-boutique » elle tapota les liasses de parchemins et intima silencieusement Eddie à aller s'installer sur l'un des fauteuils qui faisaient face à la cheminée. Faisant volte-face, Gemma quitta la luminosité de la librairie pour passer le seuil de l'arrière-boutique, posant genou à terre afin de tirer vers elle une vieille malle dans laquelle son père avait dissimulé bon nombre de ses secrets alcoolisés.

Extirpant de la malle une bouteille de whisky pur-feu, elle saisit entre son index et son pouce les parois de deux verres. Bien vite, elle s'extirpa en dehors de cette pièce confinée et rejoignit la jeune femme, posant avec douceur les deux récipients transparents sur la table basse ainsi que la bouteille poussiéreuse. Sans un mot, elle décapsula la bouteille et servit une bonne rasade dans chaque verre – elle ne prit même pas la peine de demander à Eddie si elle en souhaitait, elle savait pertinemment que la réponse lui serait favorable. Elle prit alors les deux verres, en tendit un à la jeune femme et trinqua avant de s'affaler dans l'autre fauteuil. « Vous avez bien raison, j'ai besoin d'un peu de répit et c'est dommage, vous avez raté de peu mon collègue » elle se mordilla la lèvre inférieure et fit glisser ses lèvres le long du verre et en avala une gorgée. Instantanément, une grimace tordit ses lèvres et froissa les traits de son visage. « et je dois avouer que je n'ai plus l'habitude de boire – si vous n'aimez pas, je peux vous préparer un thé » rajouta-t-elle en considérant pendant un instant le contenu ambré de son verre. Elle-même se demandait s'il n'était pas plus raisonnable de rouvrir la boutique et de boire juste de l'eau chaude. « Alors, Eddie ? Racontez-moi ; puisque vous me parliez tout à l'heure d'un homme caché sous le comptoir – ce qui n'est malheureusement pas le cas, je suis dans l'obligation de vous demander si vous en disposez d'un aux Trois Balais. » un sourire goguenard souligna sa demande « je me doute que votre réserve d'alcool doit être conséquente là-bas, alors je me disais..peut-être que l'arrière-boutique regorge de sorciers intéressés, plutôt que de malles remplies de bouteilles » si elle savait qu'elle s'adressait en réalité à sa sœur, elle n'aurait sûrement jamais continué sur cette lancée, tout comme elle n'aurait pas non plus sorti une bouteille de whisky pour fêter cette douce fin de journée. Elle se méprenait sur le compte d'Eddie, incapable de constater les manières propres à sa cadette, mais peut-être que cela l'arrangeait – faire un lien entre cette plantureuse jeune femme et l'adolescente qu'elle connaissait lui ferait perdre la raison.

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MessageSujet: Re: romma + sister don't test the ones you love   Lun 19 Jan - 22:00



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Rose Fawkes alias « Eddie Simmons » & Gemma Fawkes






Si la culpabilité était devenue la fidèle comparse de Rose du fait de ses mensonges récurrents, ce genre d’instants la confortaient dans ses choix difficiles qui, pourtant, paraîtraient inappropriés aux yeux de beaucoup. Il lui semblait n’avoir pas vu Gemma s’adresser à elle de cette façon depuis des lustres : pleine d’entrain plutôt qu’engoncée dans un rôle de parent, d’égale à égale plutôt que comme à une enfant difficile incapable de raisonner correctement par elle-même. Une part d’elle était bien consciente qu’il s’agissait là de sa perception de la situation, due à son rejet de l’autorité depuis la perte de ses parents et, plus d’une fois, rageant en solitaire, elle s’était exhortée à se montrer plus conciliante. Moins vindicative, moins rebelle. Elle avait vu sa sœur s’échiner à lui offrir tout ce qu’elle pensait devoir lui apporter sans pourtant cerner les réels besoins de sa cadette ; elle l’avait vue tenter de paraître inébranlable alors qu’elle croulait de façon impromptue sous les responsabilités. Elle s’en était voulu, de devenir un fardeau, et elle en avait voulu à Gemma de refuser de la reconnaître comme une compagne plutôt que comme une responsabilité... entre autres griefs adressés à leur duo, qui ne semblait plus tourner rond. Rose avait refusé de s’apesantir sur ses sentiments, infoutue qu’elle était de les appréhender correctement, mais elle s’était rendue compte qu’il lui faudrait y mettre du sien pour que ça marche. Qui savait : avec un gramme de sagesse de plus, sa sœur ne finirait-elle pas par lui offrir un quelconque crédit ? Ses bonnes résolutions s’effondraient pourtant systématiquement face à ce qu’elle percevait comme des situations conflictuelles. Plus encore : les témoins de ses emportements se faisaient muets, souvent, la contemplant un instant comme s’ils faisaient face au fantôme d’une autre. Et, avec dans le regard une lueur d’affection incongrue au vu de son attitude, ils lui offraient les mots dont elle se languissait : Tu ressembles tant à ta mère. Impétueuse, entière, emportée, une battante luttant pour toutes les causes qu’elle se fixait, qu’elles soient justes ou non, à sa portée ou bien au-delà de sa compréhension. Enhardie, elle repoussait alors les limites, là où Gemma l’aurait souhaitée plus modérée, et tel un cercle vicieux les incompréhensions refermaient sur elles leurs serres acérées, les engluaient dans un marasme de tensions parfois justifiées, parfois irrationnelles, qui provoquaient inévitablement de nouvelles rixes.


Mais en tant qu’Eddie, tout était tellement plus facile. Elle s’était attendue à une réplique négative bien que mesurée, et pourtant non : son aînée cédait à ses requêtes avec une telle facilité qu’elle en ressentit un pincement, une morsure désagréable au niveau du cœur. Démunie… destituée par sa fausse identité de la complicité qu’elles auraient dû entretenir en tant que sœurs, Rose pinça les lèvres, fronça les sourcils, et dut livrer bataille contre son tempérament pour ne pas se laisser aller à… se jalouser elle-même. Elle inspira profondément et se résolut à simplement prendre les choses comme elles viendraient, à accepter ce qui lui était offert. Il serait temps, plus tard, de penser aux zones sombres de cette histoire – mais pas maintenant. « Vous avez bien raison, j'ai besoin d'un peu de répit et c'est dommage, vous avez raté de peu mon collègue », concéda Gemma en lui tendant un verre. La gamine qui sommeillait en elle s’éveilla à cet instant : elle sentit enfler un soupçon d’excitation à l’idée de décrocher sans forcer l’autorisation de tremper ses lèvres dans ce liquide ambré que l’on ne lui accordait habituellement qu’avec réticence. C’étaient là les petits bonheurs du statut de dernière-née, sans doute : même alors qu’elle avait déjà touché à l’alcool et était désormais majeure, le doute vacillait toujours dans le regard des plus grands lorsqu’ils s’apprêtaient à la servir, et l’inflexion de leurs bras disaient tout — ils étaient encore tentés de la traiter en enfant. Une camarade de classe lui avait dit un jour que cela ne cessait jamais vraiment pour les benjamins, et autant dire qu’elle trouvait ce statut exaspérant. Il n’y avait bien que sa mère pour passer outre ce genre de considérations, plus prompte à la grandir qu’à la materner indéfiniment. Cependant, les mots de Gemma eurent tôt fait de gommer ses réflexions. Eddie se fendit d’un sourire navré. « Mauvais timing, j’aurai peut-être plus de chance la prochaine fois », répondit-elle alors même qu’elle n’éprouvait clairement aucun regret. Elle ne faisait pas confiance à ce Reysen, mais comment faire part de ses doutes sans braquer sa vis-à-vis ? C’était peut-être faux, peut-être stupide, mais elle était sûre que ce type n’était pas fiable. C’était un meurtrier, par Merlin, et si elle se fichait comme de son premier chaudron (... quoique !) du fait qu’il ait été relâché là où d’autres en auraient encore eu pour plusieurs années d’emprisonnement, elle ne pouvait comprendre ce qui avait pu emmener l’homme à roder autour de la seule famille qu’il lui restait !

Avisant le mouvement de Gemma en direction de son verre, Rose se souvint qu’elle n’avait pas encore avalé une goutte du sien et s’empressa de réparer l’oubli. Trop précipitamment par contre, telle une vulgaire débutante alors qu’elle aurait dû savoir à quoi s’attendre : la boisson coula le long de sa gorge telle une langue de feu, les larmes lui montèrent aux yeux, le rouge aux joues, et elle manqua de justesse de cracher ses poumons. Elle glissa à l’autre bout du canapé qu’elle occupait pour se rapprocher du feu et tourner son visage en direction de la cheminée, afin que les effets passent inaperçus du fait des lueurs rouge et or qui dansaient sur sa peau de craie. C’était encore plus désagréable d’affronter une telle chaleur dans cet état, mais elle préférait subir ça plutôt que se faire démasquer ! « et je dois avouer que je n'ai plus l'habitude de boire — si vous n'aimez pas, je peux vous préparer un thé. » La plus jeune se tourna vers son interlocutrice, un peu paniquée à l’idée qu’elle ait remarqué son jeu, mais non ; Gemma ne semblait pas beaucoup plus à l’aise qu’elle avec sa boisson et s’exprimait en conséquence. Esquissant un sourire un peu forcé, puisqu’elle n’avait pas conscience en sa voix pour sortir correctement pour l’instant, Rose se contenta de hausser les épaules. Ce n’était pas tout à fait une réponse, Gemma l’interpréterait comme elle voudrait. C’était stupide, elle le savait, mais la cadette voyait comme une abdication l’idée d’acquiescer — alors même qu'elle se damnerait pour un verre d’eau ou un thé (frais). A son grand désespoir inavoué, Gemma le prit pour une négation, et elle ne put que se moquer intérieurement de sa fierté trop conséquente. Quelle bêtise. « Alors, Eddie ? Racontez-moi ; puisque vous me parliez tout à l'heure d'un homme caché sous le comptoir — ce qui n'est malheureusement pas le cas, je suis dans l'obligation de vous demander si vous en disposez d'un aux Trois Balais. » A cette remarque, l'interpelée put décemment s'autoriser à tousser, prétendant s’étouffer du fait de l’interrogation alors qu’elle en profitait plutôt pour dégager sa pauvre gorge. Après sa gaffe de tout à l'heure elle n’avait pas spécialement envie d’une autre gorgée, mais d’autres critères venaient contrebalancer l’idée : l’esprit de contradiction, d’une part. Et le fait de penser à Silas, surtout. Elle s’y prit plus intelligemment cette fois, trempant ses lèvres pour les humecter de cette saveur forte, particulière, avant d'avaler lentement plutôt qu’à toute vitesse. Gemma l’observait d’un air un peu canaille. « Je me doute que votre réserve d'alcool doit être conséquente là-bas, alors je me disais..peut-être que l'arrière-boutique regorge de sorciers intéressés, plutôt que de malles remplies de bouteilles. » « Une kyrielle d’hommes intéressés par moi ? » Rose éclata d’un rire amusé et secoua la tête un peu frénétiquement, démentant ce qu’elle considérait comme une idée franchement saugrenue. Les yeux légèrement écarquillés, une main sur la poitrine comme si Gemma avait pu parler non d’elle, mais de la voisine ; c’était l’ado qui s’exprimait, certainement pas la belle blonde sur le passage de laquelle les regards se tournaient. « Non, voyons. Sauf bien sûr si vous prenez en compte les déclarations nasillardes et bruyantes que scandent nos clients lorsqu’ils ont un coup dans le nez. Cela dit elles sont un peu adressées à tout ce qui passe : vu l’état dans lequel certains buveurs quittent le pub, ils seraient tout aussi capables de jurer un amour éternel à un balai-serpillère ou à leur propre reflet. » C’était déjà arrivé, d’ailleurs, et les épaules de la jeune femme tressautèrent d’un rire contenu à ce souvenir. Elle éprouvait une étrange affection pour les clients malgré tout, là ou d'autres auraient pu être agacés ou révoltés, et cela s'entendait dans la chaleur de sa voix à la mention de ces gens qu'elle apprenait à connaître, d'une certaine façon, semaine après semaine. L'influence de Rosmerte y était pour beaucoup et elle le savait. « C’est l’inconvénient des lieux de travail aux réserves trop conséquentes : même les types les plus mignons perdent carrément de leur superbe au bout de quelques heures à l'intérieur. » Elle porta un toast moqueur et s’accorda une nouvelle gorgée ; le goût semblait moins pénible au fur et à mesure qu’elle vidait le verre. Cela ne l’empêcha pas de penser à l’exception qui confirmait la règle. « Enfin… il y en a bien un qui sort un peu du lot », avoua-t-elle finalement à mi-voix, les yeux rivés sur sa main libre, occupée à lisser les plis inexistants de sa robe. Arrête un peu de faire ta mijorée, s’assénerait-elle à elle-même en levant les yeux au ciel si elle se voyait. Elle avait horreur des femmes qui devenaient toutes choses sous-prétexte qu’un mec plutôt passable leur tournait vaguement autour. Un peu de fierté que diable ! La réflexion la fit relever le menton, et la main entourant son verre s’éleva en direction de Gemma, l’index se détachant du récipient pour se pointer sur elle. « Mais je n’en parlerai qu’à condition d’en entendre un peu plus à propos des deux hommes qui vous tournent quotidiennement autour. » Oh non, elle ne perdait pas le nord. « Le charmant collègue et le mystérieux détective », susurra-t-elle en s’obligeant à ne pas grimacer à la mention de l’un ou de l’autre. Foi de Rose, elle découvrirait ce qui se tramait sous ce toit, même si elle n’était pas tout à fait en mesure de revendiquer un tel droit à l’heure actuelle. Ahem.
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