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 a day for ghosts ≈ salomon & lewyn

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MessageSujet: a day for ghosts ≈ salomon & lewyn   Sam 17 Jan - 16:46

Would you recognize me if you walked beside me?
I would keep on waiting, it's been too long


Bloxam Creek. Un des villages préférés de Lewyn, d’aussi loin qu’il se souvienne. Il avait grandi pas très loin d’ici avec sa famille adoptive, et c’était le premier village sorcier qu’il avait découvert. Pour un enfant qui n’était pas certain de venir d’une famille sorcière, c’était un symbole fabuleux, comme un monde encore interdit mais qu’il pouvait toucher du doigt et admirer sans relâche … Il ouvrait grands les yeux (et la bouche) devant les vitrines de bonbons enchantés, restait pétrifié de stupeur en voyant les démonstrations de balais volants, poussait des cris émerveillés en entrant dans l’animalerie magique. Ca avait été longtemps un sujet de rires dans la famille, et ses parents s’étaient pliés en quatre pour lui faire découvrir toutes les merveilles qu’il semblait ignorer de ce monde … Sans savoir s’il finirait par les rejoindre, ou s’ils devraient le considérer comme un cracmol. Une grande source d’angoisse pour lui, qui priait pour être doté de ces pouvoirs extraordinaires lui aussi ! Mais finalement, il avait découvert avec soulagement ses pouvoirs magiques, et ses parents avaient pu l’inscrire à Poudlard sans plus aucune crainte. Et au fil du temps, il avait parcouru beaucoup d’autres lieux fondés par la communauté sorcière, mais Bloxam Creek avait gardé une place bien particulière pour lui. A chaque fois qu’il retournait voir ses parents adoptifs, il passait par le village pour en parcourir les rues, s’asseoir à une terrasse, et finissait invariablement par faire une razzia à la librairie ainsi que dans les petits magasins spécialisés. Ces dernières années, il en avait surtout profité pour trouver des cadeaux pour sa famille. Plus que jamais, il avait réalisé qu’ils étaient les personnes les plus importantes de son existence, ceux qui avaient pris soin de lui et qui lui avaient ouvert leur cœur sans aucune hésitation quand il s’était retrouvé seul au monde. Et pas une seule fois, ils ne lui avaient demandé de comptes, pas une seule fois ils ne l’avaient poussé dehors … Il se sentait un peu mal d’avoir si ostensiblement cherché à retrouver sa famille biologique sans se soucier de blesser leurs sentiments. Il avait été un adolescent particulièrement ingrat, et il avait mis bien longtemps à s’en rendre compte ! A présent, à chaque fois qu’il rentrait chez ses parents, il évitait le sujet de sa famille biologique. Il espérait peut-être qu’ils finissent par croire qu’il avait abandonné les recherches, et qu’ils en soient soulagés ? Il voulait simplement leur faire plaisir, et passer des moments avec eux qui ne soient pas teintés par la frustration ou les interrogations, comme ça avait été si souvent le cas quand il avait parcouru l’Europe avec Autumn. Et puis, qui sait, s’il arrivait à faire bien semblant avec ses parents, peut-être qu’il finirait réellement par s’ôter de la tête cette obsession qui le rongeait depuis si longtemps ! Il n’avait trouvé personne, pas une trace, jamais. Comme s’il n’avait jamais eu de famille en-dehors des Walsh. Il était grand temps qu’il se mette dans la tête que s’ils avaient voulu disparaître, il ne les retrouverait jamais, et qu’il perdait son temps dans quelque chose qui le boufferait en entier.

Aujourd’hui, Lewyn était dans un de ces jours où il avait réussi à se sortir complètement la tête du sujet épineux de sa famille biologique. A vrai dire, il avait d’autres préoccupations bien plus importantes que ça : il essayait de faire fonctionner le cadeau qu’il avait acheté à sa mère. Son anniversaire approchait, et il s’était creusé les idées pendant des semaines pour lui trouver quelque chose d’original, et il pensait l’avoir trouvé … Bien loin de Bloxam Creek. Il avait fait les magasins moldus pour dénicher la perle rare, et il s’était rendu compte que ce monde-là, il le connaissait bien moins que celui des sorciers ! Ca avait été un grand moment, d’essayer de se fondre dans la foule, et de discuter avec des vendeurs sans avoir l’air de débarquer d’un autre siècle ! Il avait eu tellement peur de passer pour un extraterrestre qu’il avait acheté l’appareil qu’il avait trouvé sans demander d’explications, et il se trouvait à présent bien embêté. Il avait beau le retourner dans tous les sens, appuyer sur tous les boutons, ça ne fonctionnait pas ! Le vendeur lui avait pourtant assuré que c’était d’un fonctionnement enfantin et qu’il pourrait ainsi écouter sa musique en toute occasion ! Ca semblait effectivement une très bonne idée, mais encore fallait-il réussir à le faire marcher … De dépit, Lewyn s’était rendu à Bloxam en espérant trouver un cadeau de remplacement, mais de toutes les boutiques qu’il avait faites, il n’avait rien trouvé de très attrayant. Un bijou ? C’était ce qu’il offrait à chaque fois qu’il manquait d’idées ! Un livre ? Encore fallait-il en trouver un qui sorte de l’ordinaire, sans quoi tout le monde penserait qu’il s’y était pris à la dernière minute sans y accorder d’attention. Bref, il n’avait rien, rien du tout mis à part cet appareil moldu qui lui résistait encore et toujours ! Il ne pouvait pas offrir à sa mère quelque chose qu’il ne savait pas fonctionner ! Frustré, il le ressorti de son sac tout en marchant dans la rue et le fit tourner à nouveau entre ses doigts, appuya sur la touche marquée « play », le porta à son oreille et attendit … Sans plus de résultats que les dizaines de fois précédentes. Il fit claquer sa langue, agacé, se traita une nouvelle fois d’idiot fini, et recommença son petit manège avec les boutons de l’appareil. Tête baissée, il ne regardait pas où il allait, il connaissait suffisamment les rues pour ne pas s’en soucier. Mais tout à son appareil, il ne vit pas l’homme qui arrivait dans l’autre sens, et il lui rentra brutalement dedans. Il releva la tête, un peu hagard. « Oh, désolé, je ne regardais pas où j’allais … » Des excuses marmonnées rapidement et il reprenait déjà son analyse de l’objet, le visage de l’homme déjà effacé de sa mémoire.
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MessageSujet: Re: a day for ghosts ≈ salomon & lewyn   Sam 17 Jan - 22:00

the demons of past days won’t go away
From up above I heard, the angels sing to me these words. and sometimes, I see the beauty in the world. now I'm f l o a t i n g so high, I blossom and die, send your storm and your lightning to strike me between the eyes. Sometimes the stars decide to reflect in puddles in the dirt when I look in your eyes, I forget all about what hurts. w/lewyn walsh & salomon rosier.

D’un main tâtonnant, Rosier trouva au fond de sa poche la montre à gousset qui lui servait de principale compagnie depuis une poignée de minutes déjà ; mettre à mal sa patience - une mauvaise, très mauvaise idée. Dans le cadran, les aiguilles tournant dans un cycle de secondes et de minutes parfaitement imprenables, indiquaient qu’il avait raison. Son contact était en retard ; cet ingrat. En plus de l’avoir contacté en urgence, souligné que cette histoire était on ne peut plus importante, pressé Salomon pour qu’il réponde à sa requête le plus vite possible, cet idiot se permettait d’être en retard. Son regard torve repartant vers les silhouettes qui l’entouraient, le sorcier laissa retomber sa montre dans sa poche, un ricanement grinçant sifflant entre ses dents. Tant pis pour lui ; car pas une seconde de plus, il ne se donnerait la peine de s’attarder dans un endroit pareil. Le jour déclinait, et le pub où il avait trouvé placé, dos contre le mur, commençait à se remplir de bandeaux tous plus bruyants les uns que les autres : probablement la poignée de miséreux qui venaient s’injecter de l’alcool dans les veines afin d’oublier l’aspect totalement dispensable de leur existence. Discret, ignoré et bien content de cela, Salomon jaugea le verre devant lui d’un air sévère : il n’y avait qu’à inspecter attentivement la teinte faussement pourpre du liquide devant lui pour remarquer que ce vin en particulier, n’était pas digne qu’on y trempe les lèvres. Commande inutile, dans un lieu pour sorciers moyennement exigeants ; le sorcier tira du fond d’une poche intérieure à sa cape, quelques poignées de pièces en bronze qu’il balança sur le bois de la table sans se retourner. Ce vin ne valait pas plus ; et certainement pas le prix que le tenancier avait tenté de lui faire débourser. Cet arnaqueur n’était habitué qu’aux amateurs, et visiblement ses magouilles l’aidaient à remplir son misérable pub. Encore une sortie inutile ; lui qui pensait qu’il s’était fait comprendre auprès de ses clients, avec la mention spéciale leur indiquant de ne pas être en retard à leur rendez-vous - peut-être, eux, s’étaient-ils crus au-dessus des autres : pourtant, aucun des malheurs de ceux qui demandaient son aide, ne parvenait à éveiller assez la curiosité de Rosier pour qu’il n’y attarde plus d’attention que nécessaire. Peu, donc. Il était, sans conteste, désormais d’une humeur bien exécrable ; affichant une moue désintéressée face aux vitrines qui s’étalaient devant ses yeux - et dire qu’il allait devoir rentrer. Retrouver la fille Scamardi furieuse d’avoir dû récurer le sol, affichant son mécontentement sur son visage dans l’espoir que cela change quelque chose. Après tout, si elle avait placé une foi aveugle en son père, c’était son erreur à elle. Qu’elle le déteste, cela importait bien peu, tant que le travail était bien fait - ce n’était pas pour sa compagnie (ni pour ses beaux yeux) qu’il avait choisi de l’emmener avec lui.

Elle n’était que vaguement intéressante, se plaisait-il à lui rappeler de par son désintérêt total à chaque phrase qu’elle prononçait : la pauvre petite était tout juste une fille de bonne famille, maniérée et faussement polie - qui, sans doute, s’était crue trop noble pour récurer le sol. Oui, pourquoi pas ; après tout, c’était lui-même ce qu’il avait fini par s’imaginer en optant pour cet échange de procédé avec le paternel. Il allait opter pour transplaner, retrouver l’agitation si excitante du plein coeur de Londres : pourtant, au coin de son oeil une silhouette parmi tant d’autres parvint à attirer son regard. Elle était comme sortie de ces désagréables cauchemars et boucles de souvenir qui ne cessaient de se rappeler à son cerveau - cette silhouette ; échevelé, grand mais quoique fin, élancé - une manifestation de ses songes les plus profonds, ces hantises qu’il avait enfouis profondément au fond de ses entrailles, son esprit lors de son interminable exil. Là, tête baissé, dans les rues, ignorant presque son passage, se tenait le spectre de son frère. Non. Non, pas le spectre. Les prunelles sombres du Rosier s’étaient ancrées au moindre geste, moindre pas de cet être qui se tenait là ; si près. Menaçant de disparaître en une fraction de seconde, un cillement - il ne pouvait pas en être ainsi. Déterminé, mû par une énergie glaciale, Salomon rejoignit l’étranger - était-ce un étranger, au fond ? - leur rencontre faisant percuter leurs corps ; c’était comme s’il n’avait même pas fait attention à où il allait, ni jusqu’où ses pas le menaient. Au moins, n’avait-il pas traversé le corps de cette... apparition comme s’il s’était agi d’une création de son esprit. C’était plus que ça. Les excuses marmonnées par son frère - était-ce son frère ? - ne lui atteignirent qu’à peine les oreilles ; déjà, à son esprit battait tous ses sentiments, ses sens. Un brouhaha qui le submergeait de part en part et avait fini par avoir raison de toute sa capacité à réfléchir. C’était comme s’il se retrouvait des années auparavant, projeté, happé par des souvenirs qui lui tordaient les entrailles : revenaient ces instants où il avait vainement tenté de retrouver son frère cadet, le ramener sur la rive pour le sauver du froid impitoyable de l’eau qui l’emportait. Comment ? Comment aurait-il pu le sauver ? La question n’avait cessé de le tourmenter, répondant en écho aux paroles meurtrières de ses parents. Leurs parents. Le blâmant lui pour la mort de Lewyn. Sa mort ? C’était comme si l’instant présent allait déterminer le restant de ses jours, Salomon sentit sa main froide serrer le bras de son vis-à-vis, ses pulsions le poussant à franchir chaque barrière polie de bienséance. Qu’importait la bienséance à l’instant précis - pour certains dans sa famille, il ne portait de Rosier que le nom, une inévitable honte qui réveillait les pires souvenirs de sa famille à la moindre de ses apparitions. « Qui es-tu ? Quel est ton nom ? » Ses paroles se pressaient contre ses lèvres, et pourtant il avait gardé ce ton mielleux qui lui collait à la peau. Trop plongé qu’il avait été, dans ses habituelles relations professionnelles pour en oublier ce que c’était, d’avoir une famille. Une place parmi la sienne. Certes, jamais il n’avait été banni du grand manoir des Rosier, ni même privé de voir ses frères ou sa soeur ; pourtant, à chaque fois qu’il les voyait, Salomon trouvait dans leurs regards une indéniable rancoeur, la trace indélébile des événements, des actes du sorcier qui avaient amené à la disparition du dernier des fils Rosier. Ce cher Lewyn. Pleuré, regretté. « Non. Non, non, non. » poursuivit-il avant même que le gamin face à lui ait pu ouvrir la bouche, ses doigts se resserrant plus fort autour de leur prise ; il était sûr qu’il ne laisserait pas cet idiot s’échapper, ni même s’en sortir indemne avec la déplaisante blague qu’on jouait sous ses yeux. « Qu’est-ce que tu es, hein ? » déjà se pressaient à son esprit une colère froide, une rage qui lui aurait donné envie de hurler : qui, qui pouvait avoir su ? Qui pouvait avoir eu cette idée d’infliger à Salomon Rosier un tel rappel brûlant de la honte qui habitait au fond de ses entrailles ? Qui ? Qui était ce gamin ? Avec ses yeux sombres, ces cheveux qui rappelaient à s’y méprendre presque, ceux de Daario. Ça ne pouvait pas être Lewyn. Lewyn était mort. Profondément logé dans la mémoire de Salomon, s’y réveillant parfois pour secouer son esprit de tous les remords du monde. Éveiller, aiguiser sa folie. Celle-là même qui faisait scintiller ses yeux froids, là, plongés dans ces prunelles si semblables aux siennes.

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MessageSujet: Re: a day for ghosts ≈ salomon & lewyn   Dim 18 Jan - 21:46

Lewyn n’avait pas vraiment l’habitude de marcher tête baissée et de rentrer dans des inconnus. Il ne savait donc pas à quelle réaction s’attendre de la part d’un homme qui avait légèrement bousculé, mais au fond, l’incident était bénin. Pas de quoi en faire une scène, n’est-ce pas ? Ils allaient chacun repartir de leur côté et oublier ce qui venait de ce passer. C’était déjà le cas pour Lewyn, qui avait à peine regardé l’homme et qui s’était replongé dans son appareil. Par chance, la collision ne l’avait pas fait tomber par terre, il n’aurait plus manqué que ça ! Qu’il le casse une bonne fois pour toute, afin d’être bien certain que sa mère n’aurait pas de cadeau à son anniversaire … C’était à cette pensée qu’il en était quand l’homme l’attrapa par le bras, brutalement, le faisant retourner sur la terre ferme. Allons bon, que lui fallait-il de plus que des excuses ? Il leva à nouveau les yeux vers lui, agacé, mais le regard de l’homme lui coupa un instant la parole. Il avait des yeux noirs, glacials, et Lewyn eut un frisson. Il y avait dans ce regard une intensité qui le rendait mal à l’aise … Il aurait presque pu jurer que l’homme le regardait avec haine – ce qui était absolument stupide dans ces conditions. « Qui es-tu ? Quel est ton nom ? » Il n’y avait pas la brutalité à laquelle il pouvait s’attendre dans les paroles de l’homme, pourtant son ton déplut immédiatement à Lewyn, qui secoua son bras pour essayer de se dégager. « Non. Non, non, non. » Reprit-il avait qu’il n’ait pu répondre quoi que ce soit. Décidemment, ce type était de plus en plus bizarre à mesure que les minutes passaient. Lewyn ne comprenait absolument pas la scène qui était en train de se dérouler devant ses yeux, mais il n’avait pas envie d’approfondir tout ça. Le lunatique en face de lui commençait sérieusement à lui faire peur, et sa poigne ne cessait de se resserrer autour de son bras. « Qu’est-ce que tu es, hein ? » Okay, cette fois il était proprement effrayé. Il avait vu monter lentement la colère de l’homme, et c’était maintenant dans une véritable rage qu’il semblait être. Et pourtant, autant qu’il puisse se creuser la tête, Lewyn ne comprenait pas. Mais alors, pas du tout. Il n’avait rien fait, rien dit, pourtant il avait l’impression d’avoir excité la fureur de cet homme à un point qu’il semblait en être devenu dangereux. Il était comme ces serpents qu’il avait croisés lors de certains de ses voyages, d’un calme souverain pour attaquer soudain sans donner aucun signe d’alarme … Lewyn ne pouvait détacher son regard de ses yeux, ces deux puits sans fond qui le fixaient comme s’il était – selon une expression typiquement moldue – un fantôme. Mais plutôt le fantôme d’un ennemi juré que celui d’un être cher. D’ailleurs, il avait demandé ce qu’il était, après lui avoir demandé qui il était …

« Mon nom ne vous regarde pas, on ne se connaît pas que je sache. Je me suis excusé, ça ne vous suffit pas ? » Commença Lewyn, sans être vraiment certain qu’il soit encore sujet de leur collision dans cette histoire. Il était hors de question qu’il donne son nom à un parfait inconnu, il avait vécu suffisamment longtemps dans un monde en guerre pour en avoir gardé certains réflexes. La paix était revenue depuis un moment, certes, mais on avait si souvent répété à Lewyn de ne jamais donner son identité aux personnes qu’il ne connaissait pas qu’il n’allait pas changer cette habitude pour un lunatique fou furieux. Et puis, c’était trop bizarre qu’il lui demande comment il s’appelait, non ? Ils n’étaient pas appelés à se revoir, et ils n’auraient même pas du se rencontrer en premier lieu. « Je suis un sorcier qui n’apprécie pas du tout comme vous lui parlez ! Ca vous va ? Lâchez-moi maintenant ! » Tempêta-t-il en se débattant de plus belle pour essayer d’échapper à la poigne de l’homme, mais ses doigts étaient fermement agrippés à son bras et il ne lâchait pas. Il y avait presque de quoi devenir parano, en face de ce visage glacé qui ne le quittait pas des yeux et qui alignait des paroles sans aucun sens. « Mais c’est quoi votre problème avec moi ? » Puisqu’il ne voulait pas lâcher, il fallait le faire parler. Peut-être qu’il le prenait pour quelqu’un d’autre, ou peut-être qu’il avait simplement besoin de passer ses nerfs sur quelqu’un. Dans le premier cas, Lewyn espérait juste qu’il lâcherait le morceau assez rapidement pour qu’il puisse révéler la méprise et s’en aller loin de lui, très vite. Dans le deuxième cas … Et bien, ce serait sans doute plus long à résoudre, et pas très agréable, mais il n’avait pas l’intention de se laisser marcher sur les pieds par le premier quidam un peu soupe au lait venu.
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MessageSujet: Re: a day for ghosts ≈ salomon & lewyn   Lun 19 Jan - 12:32

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Le visage de Lewyn tordait ses entrailles en d’incessantes voltiges, glaçant ses sens, le revoyant dans un passé qui n’avait jamais été révolu. Revenaient devant ses yeux les derniers instants qu’il avait passés en compagnie de son frère, tout ce qui s’était précipité, inlassablement ; l’enfant sombrant dans les profondeurs de l’eau gelée. Les hurlements hystériques de la mère Rosier, la haine profonde, brûlante du père Rosier. Qui, qui pouvait bien savoir ? Qui pouvait bien avoir la volonté de refaire vivre à Salomon Rosier le jour où son imprudence avait menée sa famille à sa perte ? A quantifier les regards furibonds, haineux et froids que ses parents avaient attardé sur sa silhouette après tout cela, il n’y avait pas à douter, qu’à cette époque, quelque chose s’était brisé au sein des membres de la grande et noble famille des Rosier. Ils n’en avaient jamais rien laissé paraître ; et loin de chez lui, Salomon s’était parfois imaginé quels prétextes ses parents vendaient au commun des mortels pour expliquer l’absence de deux de leurs fils. Le lignage des Rosier semblait hanté par la mort, rattrapé inlassablement par celle-ci, qui venait faucher plus vite que les aïeuls, les futures générations qui tombaient comme des mouches : qui serait le prochain ? Égoïstement, Salomon faisait tout pour que ce ne soit pas lui. La surprise avait anesthésié tout son esprit, chassant aisément la raison qui guidait habituellement le moindre de ses gestes, et chacune de ses décisions. Minutieux, calculateur, Salomon en était devenu un être qui passait le plus clair de son temps à quantifier ses tête-à-tête plus qu’à réellement les apprécier : peu importait, au fond, personne ne s’avérait aussi intéressant que toutes les perspectives de profits qu’il pouvait se faire sur leur dos. Et pourtant, ce talon d’Achille qu’il avait mis tant de soin à cacher, ce frère dont la mémoire restait soigneusement enfoncé au fond de son esprit, avait ressurgi quelque part, en l’esprit de quelqu’un, qui, visiblement, n’avait rien trouvé de mieux qu’un moyen de torturer le Rosier. Mauvaise idée. Mauvaise idée. Il aurait aisément pu transplaner à l’instant, trouver un endroit plus calme pour avoir l’occasion d’arracher des confessions à cet inconnu, qui se croyait malin de revêtir le visage d’un spectre. Un spectre terrifiant, qui avait fait se liquéfier les entrailles du sorcier, affichant ses faiblesses en plein milieu de la rue, fracturant les apparences en même temps que son visage, habituellement hautement impassible et désintéressé. Dans le combat des probabilités et des questionnements, cette rencontre ne pouvait pas être le fruit du hasard, et quand bien même sa cible, le bras coincé entre ses serres, prétendait ne rien comprendre ni savoir, Salomon savait qu’il y avait, à l’histoire, plus qu’il n’y paraissait. Lewyn était mort ; il l’avait vu de ses propres yeux. Il l’avait vu ! Subi dans toute son ampleur, une parcelle de son âme mourant avec celui-ci. Lewyn avait disparu, noyé par les profondeurs des eaux noires, ne survivant que dans ses souvenirs les plus sombres, les plus tortueux : combien de fois, Salomon avait-il essayé de trouver un sommeil sans le visage de son frère pour le hanter ? Sans la culpabilité pour l’alpaguer de toute part ?

Il s’était laissé perdre pieds, ses lèvres sifflant des paroles sans sens ; ce n’était pas son genre. Ni même l’habituelle façon dont il menait sa vie - plus d’une décennie en exil, loin de l’Angleterre n’avait visiblement pas suffi à chasser tous ses démons. Evidemment. Et ceux qui croyaient pouvoir le doubler, se fourvoyaient grandement. L’oeil toujours vif, suspendu au moindre geste du jeune homme face à lui, Salomon finit par laisser un sourire passer sur son visage, plus faux que ne laissant quelque réel sentiment transparaître. « Oui, évidemment. » marmonna-t-il d’une voix posée, relâchant le bras de son vis-à-vis avec une expression polie, sans pour autant s’écarter plus que de mesure. L’imbécile pourrait transplaner, et les choses n’en seraient alors que plus compliquées. Cillant un instant, Salomon passa une main sur l’épaule de son interlocuteur, comme s’il cherchait à défaire les plis de son vêtement, ou chasser une poussière qui s’était posée là : si ce n’est pas son apparence physique, rien chez ce garçon ne laissait entendre qu’il avait été, un jour dans sa vie, Lewyn Rosier. L’était-ce ? Il ne pouvait s’empêcher d’y avoir ce dragon, ce monstre éveillé au fond des tripes du sorcier, qui continuait de dévisager d’un air dément cette illusion qui, pourtant, ne s’était toujours pas dérobée sous le passage de sa main. « Et si je te payais un verre, hein ? Je doute que tu fasses ça très souvent. » malgré lui, force de l’habitude, Salomon laissa un regard flâner sur les vêtements du jeune homme face à lui, soulignant dans une moue ce qu’il ne disait pas tout haut : oui, il avait un peu un aspect misérable - mais, somme toute, en comparaison des grandes familles de sang-pur, à peu près tout le monde pouvait paraître misérable. Avant même que l’autre ne dise quoique ce soit pour se dérober à l’invitation - pourtant, ce serait la moindre des politesses, mais soit - Salomon désigna l’objet qu’il avait en main, une lueur scintillant au fond de ses prunelles : « Je peux t’aider avec ça. » force était de constater que, bien que Rosier, Salomon avait dû s’adapter à la vie qui s’était offerte à lui alors qu’il avait à peine eu plus de vingt ans. Presque renié par ses parents, maudissant tout ce qui lui rappelait la simple existence de sa famille, il fallait avouer que le monde des moldus, si misérable et dépourvu de richesses s’était avéré être une bonne distraction. Oui, oui, il pouvait le reconnaître sans aucune honte ; après tout, il y avait quelques petits avantages indéniables dans le monde des moldus, qui lui permettaient au moins de multiplier les talents, et de ne jamais se laisser dépasser. Sa main toujours posée sur l’épaule du jeune homme, Salomon tendit déjà à l’entraîner vers le pub d’où il venait tout juste de sortir - quoi de mieux que de se réconcilier autour d’un verre, hein ?

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MessageSujet: Re: a day for ghosts ≈ salomon & lewyn   Mar 20 Jan - 18:46

Combien Lewyn aurait-il donné pour pouvoir lire dans les pensées de l’homme, à cet instant ! Il ne comprenait pas ce qui était en train de se passer, mais il pouvait parier que les méninges de son vis-à-vis tournaient à plein régime. Que ce soit par le tourbillon irraisonné des errances d’un fou ou de façon méthodique et parfaitement claire, il en était arrivé à une conclusion connue de lui seul qui justifiait à ses yeux le brusque accès de colère dont Lewyn venait d’être la victime. Et à présent, le jeune homme voulait la connaître, cette conclusion. Il ne le quittait pas des yeux, il se conduisait comme face à une bête enragée et imprévisible à qui il ne tournerait le dos sous aucun prétexte, et il cherchait à lire derrière ce regard noir l’explication à tout ceci. Il avait déjà eu affaire à des hommes brutaux ou un peu vicieux sur les bords, mais jamais il n’avait côtoyé le véritable danger. Son expérience là-dedans se bornait à quelques éclats de voix, baguettes sorties, mais rien qui ne se soit terminé rapidement. Les Mangemorts n’avaient pour lui qu’une existence vague et lointaine, et les horreurs qu’ils avaient perpétrées restaient des titres de journaux, des histoires racontées par le bouche à oreille. Mais il n’avait jamais croisé la route d’un seul de ces assassins, et ne pouvait donc pas reconnaître les signes avant-coureurs. Pas qu’il soit en train de soupçonner l’homme en face de lui d’être un Mangemort ; dans le pire des cas il le prenait pour un dérangé, mais il n’en était pas encore à ressentir véritablement le danger de sa présence. Ils étaient en pleine rue, dans un village grouillant de sorciers. Et ce n’était plus la grande guerre ! Les Mangemorts – et tous les autres tarés profitant de l’atmosphère de terreur qui avait régné – ne pouvaient plus tuer impunément. Alors à cet instant, l’imagination de Lewyn ne galopait pas du tout sur les différentes techniques de torture que l’homme pourrait potentiellement utiliser pour passer ses nerfs sur lui. Par contre, sur les raisons qu’il avait de vouloir le faire, ça oui !

Contre toute attente, l’homme fini par le relâcher, et son visage perdit un peu de son masque crispé. « Oui, évidemment. » Un peu étonné, Lewyn observa la métamorphose avec curiosité. Si les yeux noirs étaient toujours aussi impénétrables, la mine était devenue presque cordiale, ou du moins polie. Encore un revirement de situation, mais celui-ci au moins, avait l’avantage d’être plus civilisé. A présent qu’il était libéré de cette étreinte indésirable, Lewyn ne recula pourtant pas, soutenant toujours avec un peu d’effronterie le regard de son vis-à-vis. Il suivit sa main quand elle vit épousseter une poussière invisible sur son épaule – à moins qu’il n’ait voulu défroisser un pli imaginaire ? Lewyn ne chercha même pas d’explication à ce nouveau geste déplacé. « Et si je te payais un verre, hein ? Je doute que tu fasses ça très souvent. » Par contre ça, ça méritait une explication ! Autant la proposition que la phrase mesquine ajoutée ensuite, qui allait avec le regard méprisant l’ayant scanné de bas en haut. Lewyn haussa les sourcils et esquissa un sourire narquois, pas dupe pour une noise. Il semblait que la scène avait changé sans qu’il ne s’en soit rendu compte, et que le personnage principal avait été remplacé en un clignement d’œil. Celui qui lui faisait à présent face était hautain, et pourtant désireux de lui payer une boisson. Vraiment ? « Avec des inconnus, non, ça jamais. » Lâcha-t-il, railleur. Il dut se mordre la langue pour ne pas ajouter qu’il n’était pas du tout son type et qu’il les préférait avec plus de poitrine, mais le temps n’était sans doute pas à la blague vaseuse de ce genre. « Je peux t’aider avec ça. » Cette fois, Lewyn eut une petite expression d’étonnement, qu’il effaça bien vite. Il n’aurait vraiment pas imaginé cet homme en train d’utiliser un artefact moldu ! Son regard méprisant et sa mise soignée semblait plutôt le désigner comme un de ces stéréotypes au sang-pur que Lewyn avait fuit toute sa vie. Mais la surprise était bonne, très bonne pour une fois. « Avec plaisir. » Répondit-il, un fin sourire aux lèvres, tandis qu’il emboîtait le pas à l’homme. Sa main reposait toujours sur épaule – et il allait bientôt falloir que ça cesse, tous ces petits contacts bizarres – et il le guida vers un pub non loin d’ici, que Lewyn connaissait plutôt bien. Bon, c’était encore une bonne nouvelle, il préférait être en terrain connu en compagnie de cet individu. Sur les quelques mètres qui les séparaient du pub, Lewyn se demanda sérieusement pourquoi il avait accepté de le suivre. Ce n’était pas l’idée qu’il puisse l’aider à faire marcher l’objet qu’il destinait à sa mère. Non, il y avait une autre raison. Comme un défi, une envie de voir jusqu’où ce petit jeu ridicule pourrait aller. Voilà, c’était ça. Il était dévoré par la curiosité, c’était devenu un jeu et il ignorait tout à fait quelles en étaient les règles. Ils entrèrent dans le pub et Lewyn en profita pour se soustraire au contact dérangeant de la main sur son épaule. Il voulait bien jouer, mais il y avait des limites. Il se dirigea sans hésitation vers une table près de la fenêtre, où il s’assit tranquillement. « Une bierraubeurre pour moi. » Il allait le prendre au mot, et n’avait pas l’intention de payer sa consommation. L’inconnu avait peut-être d’étranges manières et une apparence assez impressionnante, mais il ne l’inquiétait plus du tout. « Alors, je peux savoir à qui j’ai affaire maintenant ? » Il se demandait jusqu’où il pouvait pousser l’humeur conciliante de son vis-à-vis. « Si vous me donnez votre nom et la raison de tout ceci » il fit un geste vague de la main englobant eux deux et le bar tout autour « je vous donnerais mon nom, à mon tour. » Puisqu’apparemment, c’était une donnée qui l’intéressait beaucoup …
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MessageSujet: Re: a day for ghosts ≈ salomon & lewyn   Dim 25 Jan - 22:49

the demons of past days won’t go away
From up above I heard, the angels sing to me these words. and sometimes, I see the beauty in the world. now I'm f l o a t i n g so high, I blossom and die, send your storm and your lightning to strike me between the eyes. Sometimes the stars decide to reflect in puddles in the dirt when I look in your eyes, I forget all about what hurts. w/lewyn walsh & salomon rosier.

Un brouillard de confusion glaciale avait tôt fait d’enrober Salomon de la tête aux pieds ; excitation et méfiance se livrant bataille au creux de son esprit - comment la raison avait-elle pu l’abandonner si vite, le laissant simplement guidé par des instincts purement impétueux ? C’était là le fruit des longs, tortionnaires cauchemars qui n’avaient eu de cesse de poursuivre le Rosier depuis des années déjà : qu’il soit resté sur le territoire anglais ou ait fui à l’autre bout du monde n’avait rien changé. Le visage de Lewyn, encore enfant, disparaissant dans la profondeur noire des eaux glacées, n’avait eu cesse de repasser sur ses paupières, sur chaque trait de son visage fatigué. Les jours, les mois, les années faisant, Salomon avait vu sa sanité tantôt lui glisser entre les doigts, le déserter totalement ; tantôt lui revenir peu à peu, se reconstruire au creux de son esprit avec plus de vivacité. Il avait fini par redevenir celui qu’il avait été, chassant ces souvenirs atroces grâce à ses talents pour compartimenter chacun des songes qui effleuraient son esprit : peut-être bien qu’il aurait pu acquérir une Pensine, pour extraire de son esprit chaque pensée qui le rattachait à Lewyn, dans l’infime espoir que cela lui permette d’avoir des nuits dénuées de rêves et de cauchemars. Salomon avait laissé toute cette froideur, cette impétuosité, reprendre sa place au fond de ses entrailles, glaçant l’esprit machiavélique et calculateur qu’il était en temps normal : il aurait pu torturer cet inconnu impétueux pour lui arracher des réponses, l’étrangler sur place tant il lui rappelait au combien les actes passés de son existence avaient jalonné sa vie, dictant à la lettre l’homme qu’il était devenu. Lewyn, sorti de nulle part, comme matérialisé par la force de ses remords et de la rancoeur qu’il ne cessait d’éprouver. Préférant blâmer ceux qui le blâmaient, plutôt que de retourner la lame tranchante du reproche contre lui-même. Salomon devait savoir, savoir le nom de ce jeune homme face à lui, savoir tous les événements qui avaient fait de lui un être si semblable au fils prodige que les Rosier avaient perdu. Il aurait pu tout sacrifier en un instant à peine pour obtenir un sursaut de réponse, il aurait pu - il aurait pu... Mais son esprit lui revint bien vite, ses doigts desserrant leur prise impérieuse sur le bras du jeune homme à ses côtés. Salomon s’était repris, puisant au fond de lui-même afin de chasser ces actes intuitifs, presque sauvages, au profit d’un calcul mathématique soigneusement pesé et posé. Qui est-ce qui aurait accepté de la sorte l’invitation à boire d’un inconnu ? Personne, sans doute, mais le Rosier s’était forcé à inviter poliment son vis-à-vis, rien que par acquis de conscience ; au moins avait-il fait les choses bien, en commençant par demander poliment, usant de la manière douce, le tact dont tant de Mangemorts étaient cruellement destitués.

Il y eut une pointe de surprise, qui perça à l’esprit de Salomon lorsque le jeune homme en face de lui accepta - si le Rosier était habitué à devoir converser avec de parfaits inconnus à cause de son travail, ce n’était sûrement pas le cas de l’autre en face de lui. Qu’importe, en quelques foulées, un certain malaise ne cessant d’agiter leur face à face, ils trouvèrent l’entrée du pub : sur lui, Salomon sentit quelques regards glisser, comme si déjà, ceux qui l’avaient vu quitter cet endroit étaient surpris de le voir revenir si rapidement. Il les ignora, lâchant sa prise sur l’épaule de son interlocuteur, sans même sembler s’en fourvoyer : s’il fallait que les choses se passent ainsi. Salomon se faisait encore doucereusement sympathique, caressant avec soin l’imprévisible personnage face à lui : certes, à le voir comme ça, effronté et accroché à une radio tout à fait moldue, ce gamin n’avait pas grand chose d’effrayant et Salomon n’aurait sans doute aucune difficulté à lui tenir tête dans un duel à la baguette - faire preuve d’un sursaut de patience et d’une politesse obséquieuse lui semblait pourtant être la meilleure alternative pour l’heure. Sans se faire prier, il vint s’installer avec le gamin à l’une des tables juste à côté de la fenêtre, son regard noir vaquant un instant à analyser les sorciers qui passaient dans la rue. Peut-être bien que son client était quelque part par là désormais, arrivé en retard mais pourtant persuadé qu’il y avait encore de quoi faire affaire ; Salomon darda d’un air torve les autres clients du pub, avant de se décider à les ignorer. Observant le tenancier, Salomon marmonna à son adresse sa commande avant de le laisser disparaître, ne tenant qu’à peine compte du silence s’installant au milieu de leur duo - il savait, au fond, que ce n’était pas le plaisir d’un verre avec un inconnu, ni même cette histoire d’objet moldu qui avait amené son vis à vis à accepter l’invitation. Autre chose. Autre chose, il en était sûr ; et ses soupçons furent confirmés, lorsque ce ne fut pas lui, mais le gamin face à lui qui ouvrit la bouche en premier pour briser le silence. Pendant une seconde, il regarda le gamin comme s’il avait interrompu une pensée très importante, avant de laisser un léger sourire amusé éclairé son visage. Le tenancier revint, posant la Bièraubeurre et le Whisky Pur Feu au milieu de la tablée silencieuse, et ce n’est qu’au moment où celui-ci disparut que Salomon observa à nouveau son vis à vis, ouvrant enfin la bouche pour donner un soupçon de réponse : « Il n’y a pas besoin de marchander les informations comme ça. » souligna-t-il d’une voix presque indifférente, se penchant vers la table pour prendre son verre, en avaler une gorgée pour le reposer entre eux. Salomon laissa un nouveau regard circulaire sonder la salle, avant qu’il ne trouve à nouveau le jeune homme à table avec lui. « Salomon. » il eut une moue un peu circonspecte, feignant la déception en écartant les mains comme pour signifier que c’était tout ; il n’allait pas dire son nom, évidemment, sans quoi, il avait l’intuition que cela braquerait complètement la conversation. Il n’y avait qu’à voir l’attitude de ce garçon, le fait qu’il se promène avec une radio moldue ; tout cela voulait en dire long, et la simple idée d’adresser la parole à un Rosier l’aurait peut-être fait se rétracter complètement. « Mon nom est Salomon. Et il n'y a aucun mystère autour de ce nom. » laissa-t-il tomber, comme si cela signait la fin de la conversation - mais il se reprit très vite, posant un oeil intéressé sur son vis à vis. « Mais je suppose que si tu es prêt à marchander ton nom, c’est que tu es aussi curieux que je le suis. » un fin sourire sans émotion glissa sur les lèvres du Rosier, avant qu’il ne se recule de la table, se laissant tomber négligemment contre le dossier de sa chaise. « Alors. Donne moi ton nom. » et sa voix laissa couler un ton aimable et prévenant - presque à l’opposé de son regard, qui intensément sondait le jeune homme à moins d’un mètre de là, déclarant silencieusement qu’ils en étaient ici au stade de la fausse sympathie, et que si les choses devaient se gâter selon les circonstances, ce ne serait pas pour leur plaire, à l’un ou à l’autre. Quoique.

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MessageSujet: Re: a day for ghosts ≈ salomon & lewyn   Lun 26 Jan - 22:03

Lewyn n’était pas quelqu’un de méfiant par nature. Il n’en avait eu ni l’éducation, ni l’expérience nécessaire. Il n’était pas particulièrement naïf non plus, mais il n’aimait pas voir le mal partout. Il avait beaucoup voyagé ces dernières années, et il avait rencontré beaucoup de monde. La plupart de ces rencontres avaient été extrêmement positives, malgré un contexte de guerre en arrière-plan, et cela n’avait fait que renforcer une certaine foi en l’humanité qu’il avait déjà de nature. Ses parents avaient essayé de lui enseigner une certaine ouverture d’esprit qu’il s’efforçait de cultiver, et avec cela, il avait développé une forte curiosité. De ce côté, il était resté comme un enfant, certain que chaque chose avait une explication qu’il était à même de comprendre et d’accepter. Il avait été épargné par la guerre, et n’en gardait pas les séquelles que beaucoup arboraient autour de lui. Il ne se méfiait pas de son prochain, en tout cas pas dans les conditions actuelles. Ca l’amusait, de se rendre dans ce bar avec un parfait inconnu, et ça l’amusait d’autant plus que cet inconnu était plus lunatique que beaucoup de gens qu’il avait pu rencontrer. Ca ne pouvait être qu’intéressant à observer, surtout si sa rage avait réellement disparu, comme cela semblait être le cas actuellement. Lewyn ne s’était pas engagé là-dedans pour se faire hurler dessus ou pour passer pour le dernier des imbéciles. Tant qu’il n’avait pas l’impression de s’engager dans une voie un peu trop risquée, il n’avait pas envie de faire demi-tour. « Il n’y a pas besoin de marchander les informations comme ça. » Après le mépris, la condescendance. Ce n’était pas une grande surprise, mais Lewyn n’aimait jamais être traité comme un gamin. Il ne l’était plus, malgré ses traits juvéniles et son air un peu trop curieux. Quelquefois il maudissait ce visage qui semblait ne pas vouloir évoluer pour lui donner les années qu’il était censé avoir – qu’il pensait avoir, mais le compte devait y être à peu près – mais aujourd’hui, la petite pique sous-entendue ne l’agaça pas autant qu’elle aurait pu le faire en temps normal. Il s’amusait, ici, et s’il fallait jouer au gosse pour obtenir quelques réponses, ça ne lui poserait pas de problème particulier. « J’avais pourtant cru que vous étiez de ce genre. A me proposer de l’aide sur mon appareil pour que je vous suive ici, par exemple. » Ajouta-t-il avec un sourire innocent. Lewyn pouvait prendre sur lui, ce ne serait pas la première fois, et sûrement pas la dernière, qu’on lui donnerait moins que l’âge qu’il avait réellement. Ce type pourrait presque être son père, de toute façon … Pas étonnant qu’il ne le considère que comme un enfant.

« Salomon. » Lewyn haussa imperceptiblement les sourcils à ce début de réponse. L’homme commençait très lentement à entrer dans le jeu, à ce qu’il semblait. « Mon nom est Salomon. Et il n'y a aucun mystère autour de ce nom. » Et visiblement, aucun nom de famille n’accompagnerait le prénom. Même s’il n’y avait pas de mystère à proprement parler, il y avait bien un certain secret. Lewyn tenta de se creuser la tête pour déterminer s’il avait déjà entendu ce prénom, mais rien ne lui vint, si ce n’est une histoire moldue sur un roi antique réputé pour son sens de la justice, que sa mère avait du lui raconter quand il était encore enfant … Mais dans le monde sorcier, il ne connaissait aucun Salomon. Un nom de famille aurait été certainement plus utile, et Lewyn tenta de deviner dans quel type de famille ce Salomon pouvait se tenir. Il aurait parié sur une vieille famille au sang pur avant qu’il ne lui propose de l’aider avec son baladeur moldu, il le voyait bien s’appeler Black ou Selwyn. Mais pour avoir côtoyé certains héritiers des familles de cette catégorie à Poudlard, il avait du mal à les imaginer s’intéressant volontairement à des appareils moldus. Ils étaient plutôt du genre à cracher dessus … Les familles plus tolérantes étaient bien plus nombreuses, et donc bien moins facilement reconnaissables. Lewyn baissa les bras : sans davantage d’indices, il n’arriverait à rien. Et de toute façon, pour l’instant le nom de famille de Salomon ne l’importait guère. Il hocha donc sobrement la tête pour accepter ce seul prénom, sans poser la question qui lui brûlait les lèvres. « Mais je suppose que si tu es prêt à marchander ton nom, c’est que tu es aussi curieux que je le suis. » Bien sûr qu’il était curieux, et il était satisfait de savoir que c’était la même chose – dans une certaine mesure – pour son vis-à-vis. « Je suis surtout curieux de savoir pourquoi mon nom vous intéresse tant. » Il n’arrivait toujours pas à savoir quelle motivation le poussait à vouloir connaître cette donnée si peu importante à ses yeux, et il en était de plus en plus intrigué. « Alors. Donne moi ton nom. » Cette légère insistance aurait peut-être du faire naître en lui quelques soupçons, mais il ne voyait vraiment pas quel mal il pouvait y avoir à le lui donner. Il venait d’une famille inconnue pour la plupart des sorciers, il n’avait pas d’histoire ni même de passé. C’était peut-être une des raisons qui le poussaient inconsciemment à jouer avec Salomon … Ce nom qu’il portait était trop lisse, trop impersonnel. Ce n’était pas le sien et il lui importait peu de le partager. « Lewyn. » Lâcha-t-il finalement, guettant sans trop y croire une réaction sur le visage impavide de Salomon. Il voulait un signe, quoi que ce soit lui indiquant que tout ceci ne rimait à rien, ou qu’au contraire, sa réponse était la bonne. Mais sur ce dernier point, il en doutait : il avait du mal à imaginer en quoi il pourrait contenter Salomon. « Rien de plus exceptionnel que Salomon. » Ca l’était même beaucoup moins. Ce n’était pas le prénom choisi par sa mère à sa naissance, c’était celui qu’il avait donné aux Walsh quand ils lui avaient demandé comment il voulait s’appeler, une fois qu’ils avaient compris qu’il ne se souvenait de rien. Lewyn, c’était le premier nom qui lui était venu en tête, et c’était resté. Il ignorait totalement d’où il lui était venu. « Alors, vous êtes déçu ? » Demanda-t-il soudain, poussé par une curiosité qui n’arrivait décidemment pas à être assouvie.

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Well you see her when you fall asleep
But never to touch and never to keep
'Cause you loved her too much
And you dived too deep.

Only know you love her when you let her go
And you let her go.
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