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 ~ memories won't fade and die. (reysen)

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MessageSujet: ~ memories won't fade and die. (reysen)    Lun 26 Jan - 22:11

Just what the truth is, I can't say anymore.




Le vent frais d'automne venait secouer ses petites mèches blondes. Bien emmitouflée dans son manteau, armée de son écharpe, de ses gants et d'un bon gros bonnet en laine, Ysilla profitait de ces quelques heures de répit pour se vider l'esprit. Elle avait besoin de prendre l'air, oublier le temps d'une marche tous ses problèmes, ses doutes et interrogations quotidiennes. Elle avait pourtant tout pour être heureuse : un compagnon aimant, une carrière de journaliste à son sommet et ses enfants. Mais ce n'était pas aussi simple. En réalité, Lorcas la détestait assez pour avoir trahi son père alors qu'Elia l'encourageait sur cette voie. Quant à Rickon, il était bien trop jeune pour comprendre quoi que ce soit. Il vaudrait bien qu'il reste dans cette insouciance le plus longtemps possible. Il avait la chance de ne pas avoir à traverser leurs dures épreuves et il représentait une seconde chance pour Ysilla. Elle n'avait pas su protéger Dorian, et même si Rickon ne le remplacerait jamais dans son cœur, elle les aimait tous les deux d'un amour égal. Tout comme les jumeaux, malgré quelques querelles. Elle n'avait pas su les protéger non plus. Ils n'avaient pas eu cette enfance rêvée que chaque enfant devrait avoir. En fait, la seule chose dont elle pouvait vraiment être fière ces dernières années, c'était de son parcours professionnel. Même son mari n'était plus là. Reysen, emprisonné pour avoir fait justice alors que le ministère de la magie n'en avait pas été capable. Lui, avait eu le courage, contrairement à eux. La sorcière se sentait plutôt bien avec Willem, avec qui elle est depuis un peu plus d'un an. Mais il lui manquait ce petit quelque chose qu'elle avait avec Reysen. Une sensation qu'elle ne retrouvait d'évidence plus jamais. Trop d'événements s'étaient déroulés en dehors pendant que Reysen purgeait sa peine. Bien-sûr, elle avait été heureuse d'apprendre sa libération. Elle ne pensait pas qu'il sortirait de sitôt, résignée au fait qu'il y passerait ses derniers jours. Mais elle ressentait également de la colère. Non pas pour l'acte qu'il avait commis, mais pour ce qui s'imposait de nouveau au reste de la famille et elle-même. En six ans, ils avaient eu le temps de réfléchir, panser leurs blessures et essayer d'avancer. Les Oswald avaient repris le cours d'une vie normale non pas sans difficulté, acceptant plus ou moins la situation. Elia était sans doute celle qui en avait le plus souffert. Contrairement à Lorcas, elle n'avait pas su supporter les attaques que l'on leur infligeait, du fait d'avoir un meurtrier dans la famille. Elle avait fini par baisser les bras, tout comme Ysilla l'avait fait. Alors elle lui en voulait d'être libérée, ce qui était assez contradictoire. Parce qu'il lui avait fallu du temps pour faire le deuil de leur histoire d'amour, de leur petite famille et de tous les projets qu'ils avaient. Il lui avait fallu énormément de temps même. Elle commençait seulement à se reconstruire, à reprendre goût à des faits qu'elle pensait avoir totalement oublié. Pour éviter de se retrouver de nouveau face à cette douleur, ces sentiments d'injustice, de tristesse et de haine, elle avait préféré l'ignorer. Tout comme il semblait l'avoir fait de son côté. Parce que ce serait bien trop difficile. Se rendre compte, véritablement, que tout était bel et bien terminé entre eux. Evidemment, il lui arrivait parfois de tout balancer et de foncer. Foncer dans le tas et de voir le résultat, quelles qu'en soient les conséquences. Elle finirait par regretter de rester passive, s'efforçant d'oublier tous ces bons moments appartenant désormais au passé. Elle pensait à toutes ces choses-là en même temps, ce qui finit par rendre sa petite promenade moins reposante qu'elle ne l'aurait imaginé.

Elle finit par secouer la tête. Il était peut-être temps de rentrer et de faire ce qu'elle n'avait pas pu faire plusieurs jours déjà : cuisiner un plat digne de ce nom. Entre les sandwichs, les salades ou les repas au restaurant avec Willem, la cuisine familiale lui manquait atrocement. Ce serait l'occasion d'apporter un peu de bonne humeur, ou du moins essayer de passer une soirée en famille sans réflexions et sous-entendus balancés à tout va. Alors qu'elle réfléchissait au menu du soir en prenant la direction de sa maison, elle aperçut au loin une silhouette qui la sortit de ses pensées. Elle avançait lentement vers leur demeure, puis rebroussait chemin et se tournait de nouveau vers la porte. Elle posa une main sur sa baguette et avança alors plus vite. De dos, elle ne parvenait pas à reconnaître cette personne mais sans savoir pourquoi, son cœur s'emballait. Peut-être la peur, l'appréhension de découvrir son identité. De longs cheveux noirs, lui rappelant une personne de son passé, une grande taille mais un corps un peu trop amaigri. Même s'il n'avait pas la peau sur les os, cet homme ne semblait pas être au mieux de sa forme. Avançant discrètement sans se faire remarquer, un ancien réflexe lui venant de l'Ordre du Phénix, elle sortit sa baguette de son manteau sans pour autant le pointer sur cet inconnu. Les temps n'étaient plus sûrs, et même si Ysilla avait le mauvais pressentiment que rien n'irait en s'arrangeant, elle ne voulait pas se laisser submergée par la paranoïa. « Qui êtes-vous ? » demanda alors la sorcière d'une fois ferme et maîtrisée malgré son hésitation. Elle se tenait à plusieurs mètres encore de l'homme. Son cœur se nouait et se tordait mille fois parce qu'elle avait une petite idée derrière la tête. Cela faisait peut-être de nombreuses années qu'elle ne l'avait pas vu, mais ce n'était pas assez pour qu'elle puisse l'oublier. Toujours de dos, elle sentit une main trembler légèrement mais se ressaisit dans la seconde qui suivit. « Reysen ? Est-ce que... c'est toi ? » Prononcer ce prénom qu'elle n'avait gardé que pour ses pensées lui donnait une sensation étrange. Ce même mélange d'émotions contradictoires qui la prenait chaque fois qu'elle se remémorait sa vie passée. Elle aurait pu fuir, sans le moindre soucis même. Mais elle n'en avait pas tellement envie. Après tout, ils allaient bien devoir subir cette confrontation un jour ou l'autre. Peut-être ne s'attendait-il pas à la voir non plus. C'était également sa maison après tout, il avait le droit de venir. Pourtant, hormis certains meubles et tapisseries, la maison avait bien changé. De nombreuses photographies avaient disparu des murs, au bonheur de certains et au malheur d'autres. Ysilla se situait un peu entre les deux. Faire disparaître ces images l'aidait à oublier, se prendre en main mais elle se surprenait parfois le nez dans un album qui traînait dans le coin. Ou alors, elle prétextait les montrer uniquement à Rickon, pour qu'il voit également leur évolution dans le temps. « Sinon, je vous prie de partir. Et rapidement. » lâcha-t-elle alors que l'homme en question ne se tournait toujours pas.
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MessageSujet: Re: ~ memories won't fade and die. (reysen)    Mar 27 Jan - 17:37

So this was our song
YSILLA EVERDEEN & REYSEN OSWALD
And the seasons Will change us new, But you're the best I've known and you know me. I could not be stuck on you If it weren't true. I was swimming My eyes were dark 'til you woke me And told me that opening is just the start. It was Now I see you, 'til kingdom come. You're the one I want to see me for all the stupid shit I've done. Soil and six feet under, Kept just like we were Before you knew you'd know me and you know me. ~ I'd Be Lying.

Depuis qu’il était sorti de prison, Reysen avait de nombreuse fois essayé de revenir chez lui. Il lui avait semblé évident, à peine sorti d’Azkaban qu’il se devait de retourner vers sa famille. Après tout, où est-ce qu’il pouvait aller d’autre ? Il avait attendu six longues années avant de pouvoir rentrer chez lui, il avait purgé une peine qui n’avait aucun sens, ça avait été une sentence non justifiée, une erreur de la part du ministère de la magie qui lui avait couté six longues années de sa vie. Quand enfin on s’était rendu compte qu’il n’avait pas sa place dans une cellule de la prison d’Azkaban, sa première envie avait été de retourner vers sa famille. Il voulait revoir sa femme, dont il n’avait plus de nouvelles depuis un long moment – il ne savait pas pourquoi à ce moment-là, mais la question était souvent revenue à son esprit – il voulait revoir ses enfants, ils ne les avaient pas revu depuis le jour de son enfermement. Il savait qu’ils avaient dû bien changer en six ans, ils avaient tout juste terminé leurs études à Poudlard, il n’avait eu aucune idée de ce qu’ils avaient pu choisir de faire de leur vie, il espérait seulement qu’aucun d’eux n’avait eu l’idée stupide de vouloir rejoindre le bureau des aurors, c’était – d’après sa propre expérience – une erreur. Il avait voulu les revoir à la seconde où il avait quitté Azkaban, si bien qu’il n’avait pas franchement écouté tout ce que Ruth – la fille qui s’occupait de sa réinsertion dans le monde sorcier – avait bien pu lui raconter, il avait rapidement rejoint son domicile à Bloxam Creek et tout aussi rapidement, il s’était aperçu qu’il n’était pas autant attendu qu’il aurait pu le croire ou qu’il l’aurait voulu. Il avait remarqué sa femme en compagnie d’un autre homme, une vision qui l’avait rapidement poussé à rebrousser chemin. Il n’était finalement jamais revenu dans cette maison, il n’avait fait que s’arrêter devant, hésité longuement avant de repartir. Il n’était pas sorti de prison depuis bien longtemps, un mois seulement, et en un mois il n’avait pas eu le courage d’affronter les choses en face. Il avait fuit, s’était enfermé dans la boutique de Gemma et avait prétendu que la situation lui convenait complètement. Cependant sa récente rencontre avec Lorcas avait changée bien des choses. Il avait été celui qui lui avait apprit qu’il avait un autre fils. Ysilla n’avait jamais évoqué sa grossesse toutes les fois où elle était venue le voir, jamais dans ses lettres elle n’avait évoqué l’existence d’un autre enfant. Elle lui avait déjà parlé des jumeaux, évoqué rapidement ce qu’ils devenaient, mais jamais elle n’avait parlé de leur frère cadet. Qu’est-ce que ça aurait changé ? Il était obligé de rester enfermé dans une cellule à Azkaban, même s’il avait su qu’il avait eu un fils, ça n’aurait rien changé, il aurait simplement vécu avec la certitude que jamais il ne verrait cet enfant. Il ne saurait dire si Ysilla lui avait fait une faveur ou non en lui cachant l’existence de cet enfant. Mais maintenant il était libre. Il avait l’occasion de voir cet enfant, il voulait le connaitre et il trouvait ça justifié de blâmer son épouse. Elle aurait dû lui dire, elle aurait dû l’attendre, elle aurait dû continuer de croire en lui. C’était certain que c’était plus facile à dire qu’à faire. Il avait passé six ans à Azkaban et sans Tristan, il serait encore en train de purger cette fichue peine. Evidemment qu’elle n’allait pas l’attendre pendant toute sa vie, il avait toujours su au fond de lui qu’il valait mieux pour elle qu’elle refasse sa vie, il l’aimait assez pour ne vouloir que son bonheur et il n’avait plus rien à lui apporter depuis sa cellule. Il aurait facilement pu admettre qu’elle avait eu raison de passer à autre chose, mais ça avait été plus facile quand il ne faisait que l’imaginer au fond de sa cellule, la voir avec quelqu’un d’autre avait quelque chose de beaucoup plus dérangeant. Le fait était qu’elle avait refait sa vie sans lui et que lui, il n’avait plus rien.

Avec Gemma et Acanthe à Pré-au-lard, il se reconstruisait petit à petit, mais sa famille restait auprès d’Ysilla, il était clair qu’il n’avait pas l’intention de se construire un avenir avec Acanthe, quelque soit la nature de leur relation, elle n’allait pas les mener jusqu’au mariage. La jeune femme avait de toute façon comme une mauvaise ombre qui planait sur elle, mariée à de nombreuses reprises, tous ses maris étaient morts, une bonne raison sans doute de garder leur relation au stade où elle était et de ne pas chercher à s’engager dans quoi que ce soit. Malgré les moments qu’ils partageaient ensemble, ils n’étaient pas et ne seraient jamais un couple. Il ne construirait rien de nouveau avec Acanthe, ni avec personne d’autre. Tout ce qu’il avait eu restait aux côtés de celle qui – aux dernières nouvelles – était encore sa femme et il avait l’impression d’être incapable de reconstruire quoi que ce soit là-dessus, tout comme il était incapable de retourner vers la jeune femme pour mettre les choses au clair. Il restait au même point, feintant de se plaire dans son quotidien. Ça pouvait être pire bien entendu, Gemma et Acanthe étaient des colocataires spéciales – souvent à deux doigts de s’entretuer – mais agréables (chacune à leur façon), la vie qu’il avait était simple et pourrait certainement lui convenir, après Azkaban tout était convenable de toute façon, mais il manquait clairement quelque chose à sa vie. S’il avait perdu son épouse au bras d’un autre, mais ça ne voulait pas dire pour autant que tout était perdu. Il avait des enfants et il n’allait pas laisser Merlin seul savait qui joué son rôle de père dans son foyer. Il savait bien qu’Elia aurait préféré qu’il laisse les choses comme elles étaient, mais il ne pouvait pas. Il avait la volonté de faire quelque chose pour retrouver la place qui lui était due au moins aux côtés de ses enfants. C’était avec cette idée et une motivation presque débordante qu’il était venu jusqu’à Bloxam Creek. La librairie était déserte, comme souvent, et Gemma lui avait indiqué qu’elle pouvait s’en occuper toute seule alors il avait saisi cette occasion pour revenir jusqu’à chez lui, cette fois décidé à avoir la conversation qu’il se devait d’avoir avec Ysilla. Il voulait voir son fils, c’était son droit après tout. Pourtant, une fois devant la maison, il resta un moment hésitant devant la porte. Il voulu frapper à plusieurs reprise, mais à chaque fois, son poing s’arrêta à quelques millimètres de la porte. C’était pourtant chez lui, alors pourquoi autant d’hésitation à frapper contre cette maudite porte ? Il laissa échapper un soupire leva le bras une nouvelle fois, mais fut coupé dans son mouvement par une voix dans son dos. Une voix familière et qu’il n’avait plus entendue depuis des années. Difficile de ne pas la reconnaitre pourtant, il fréquentait Ysilla depuis qu’ils étaient à Poudlard, ce qui semblait remonter à une éternité aujourd’hui. Soudainement figé, il n’osait même pas se retourner. L’idée de juste transplaner pour disparaitre lui traversa l’esprit, mais il était venu ici pour une raison et il était grand temps qu’il arrête de se désister. Enfonçant ses mains dans ses poches, il prit enfin son courage à deux mains pour faire face à son épouse. « C’est juste moi. » Il esquissa un léger sourire, plus nerveux qu’autre chose avant de hausser les épaules. « J’allais partir, apparemment il n’y avait personne. » Il n’avait pas eu l’occasion de frapper à la porte pour s’en assurer, ce n’était qu’une déduction qu’il faisait en la remarquant dehors. Si elle n’était pas chez elle, c’était qu’il y avait probablement personne. « Tu as l’air d’aller bien, c’est … bien. » C’était probablement la réflexion la plus débile du monde, mais confronter à Ysilla il avait soudainement l’impression d’être incapable de construire une phrase normale. « J’ai l’impression que tu n’as pas pris une ride en six ans. » Il esquissa encore un léger sourire, tout autant nerveux. Il était vrai qu’elle semblait ne pas avoir changée depuis la dernière fois qu’il l’avait vue, alors que lui, c’était à peine s’il s’était reconnu dans le miroir quand il s’y était vu après sa sortie de prison. « Je les ais prises pour nous deux. » ajouta-t-il avant de passer rapidement la main sur son visage creusé par les rides et la fatigue qu’il accumulait depuis un moment. Ce n’était probablement pas la seule chose qu’il avait pris pour eux deux. Elle mentirait si elle avouait ne pas avoir voulu voir l’assassin de leur fils, de ses parents, de sa nièce et de sa belle sœur enterré six pieds sous terre. Il l’avait tué, autant pour lui que pour elle, mais il avait été le seul a en payer les conséquences ou au moins, le seul qui les payait encore aujourd’hui.

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MessageSujet: Re: ~ memories won't fade and die. (reysen)    Jeu 5 Fév - 0:14

De retour chez elle, Ysilla ne s'attendait pas à faire une telle rencontre. Se retrouver soudainement confrontée aux fantômes de son passé, ceux dont elle avait eu un mal fou à faire taire, la perturbait tout de même assez. Elle était partagée entre le bonheur de le voir enfin libre et l'injustice de le voir débarquer alors qu'elle venait seulement de s'en sortir. Elle avait également envie de le serrer dans ses bras, retrouver ces sensations qu'elle aimait tant, respirer l'odeur de son parfum et rester ainsi pendant de longues minutes. Mais également de hurler, pleurer ou laisser échapper des réflexions inappropriées et sans doute injustes à leur tour. Le silence gênant dans lesquels ils se trouvaient semblait durer une éternité, si bien qu'elle tenta de le combler du mieux possible. Malgré ces six années, la douleur qu'elle avait tenté d'enterrer n'avait pas totalement disparu. Elle se demandait ce que Reysen pensait à ce moment-là. Elle s'était imaginé leurs retrouvailles plusieurs fois, sachant pertinemment que cela aurait été impossible. Elle le pensait du moins. Entre discussion mouvementée, éclats de colère ou encore de larmes, Ysilla ne s'attendait pas à tant de calme. La tension était bien-là, mais Reysen semblait savoir se contrôler. Ou alors l'avait-il appris à ses dépens durant son séjour à Azkaban. La voix du sorcier finit par briser le silence. Une voix à la fois douce et forte, malgré la situation dans laquelle ils se trouvaient, et qu'Ysilla n'avait pas eu l'occasion d'entendre depuis des années. Trop d'années peut-être. « Reysen. » conclut-elle alors, comme pour se convaincre elle-même qu'il était vraiment de retour parmi eux. « Ça fait tellement longtemps. » A qui la faute ? Au Ministère, premièrement. Ysilla n'avait jamais accepté leur verdict, elle s'y était résignée. Encore aujourd'hui, sa confiance envers le gouvernement est nulle. D'ailleurs, elle vit d'un mauvais œil le fait qu'Elia rejoigne leur rang au début. Mais sa fille avait su la mettre en confiance. Si tu ne peux pas leur faire confiance, tu peux me faire confiance, d'accord ? qu'elle répétait souvent. Des paroles réconfortantes dont la mère avait terriblement besoin. Après toutes ces épreuves, ces brefs moments où les rôles s'inversaient lui faisait le plus grand bien. Elle avait tout fait pour ses enfants, même si toutes ses décisions n'avaient pas été bien accueillies, elle voulait le mieux pour eux. L'affection qu'Elia lui portait ainsi que son soutien lui étaient indispensables. « La maison est vide oui, les jumeaux travaillent. Et... et je profite d'une journée de congé. »  Il comptait donc venir leur rendre visite. Ysilla esquissa un léger sourire, l'imaginant espérer tomber sur les enfants uniquement, croisant les doigts pour ne pas retrouver Ysilla sur son chemin. L'espace de quelques secondes, la sorcière pensa à Rickon, puis à Willem. Ils n'étaient pas à la maison non plus, l'un travaillant toujours au Ministère et l'autre dans une école moldue de la ville la plus proche. Elle repensa ensuite à ces années de silence. Jamais elle ne lui avait révélé l'existence de leur fils. Lorsqu'elle appris qu'elle était enceinte, Reysen était déjà emprisonné. C'était en grande partie pour cette raison qu'elle avait décidé de ne rien lui dire. C'était trop de souffrance, surtout pour Reysen qui n'aurait jamais pu voir grandir son propre enfant. Quant à Willem, c'était une toute autre histoire qui, a ses yeux, ne méritait pas d'être racontée aujourd'hui du moins. Elle eut un léger rire à sa réplique suivante. A la fois nerveux et de soulagement. Parce qu'elle s'attendait à pire, bien pire. Mais ce n'était que le début d'une discussion qui allait être lourde d'émotions. « On fait avec. Mais ça va plutôt bien, oui. » Ils n'avaient pas tellement le choix, ils devaient s'adapter et continuer de vivre. Le temps n'allait pas s'arrêter pour leur unique plaisir, et même s'il lui fallut un certain moment pour s'en rendre compte, elle avait fini par se relever. Malheureusement, Ysilla ne pouvait pas en dire de même pour Reysen, ce qui était assez problématique. Si désormais elle allait plus ou moins bien, elle voyait gravées sur le visage de son mari les années passées à Azkaban. Une dure réalité qu'elle avait essayé d'oublier tant la culpabilité l'avait rongée. Six ans qu'elle se répéta. Déjà tout ce temps. Ils n'étaient plus de jeunes adultes découvrant les joies d'une vie de famille. Ils représentaient bien plus que cela désormais : une famille brisée confrontée aux faces cachées de la vie, les moins drôles.

« C'est qu'on est encore jeunes, quand on y pense. » Ils étaient jeunes, mais avaient tellement vécu. Elle laissa son regard flotter dans le vide. Ils n'avaient que la trentaine entamée, mais Ysilla avait l'impression d'en avoir bien plus. Elle releva le visage, dessinant un sourire sur les lèvres, toute aussi nerveuse que son interlocuteur. « Tu as l'air plutôt bien, toi aussi. » dit-elle alors, sans avoir réellement pesé ses mots. Une personne qui ne connaissait pas Reysen ne se douterait pas de ce qu'il avait subi. Elle parlait sans connaissances de cause, finalement, mais essayait de dédramatiser la situation. Il était bel et bien là aujourd'hui, en bonne santé – physique du moins – et c'était l'essentiel. « Enfin, quand on entend les histoires d'Azkaban, on s'attend à pire... » Les seules connaissances qu'Ysilla avait sur la prison reposaient sur ses lectures ou alors les visites qu'elle effectuait au début de son incarcération. Mais cela lui avait largement suffi pour une vie entière. Elle n'osait pas même imaginer ce qu'était le quotidien de ce dernier. Mise au courant de sa libération par Willem et Tristan, elle se demandait bien ce qu'il avait pu faire durant ces quelques mois de liberté. Lui poser la question sur ce qu'était de reprendre goût à cela lui semblait déplacé, alors elle s'en tint à des questions plus générales. « Alors, qu'as-tu fais ces derniers mois ? » La Everdeen savait que Lorcas avait revu son père, mais elle n'en savait pas plus. Leur relation n'était pas assez bonne pour qu'ils puissent tenir une conversation sans que celle-ci ne dérive en reproches ou règlement de comptes. « Tu as eu l'occasion de revoir les jumeaux, ou alors Tristan ? » demanda-t-elle un peu plus hésitante, tout en prenant soin de ne pas évoquer le prénom de Rickon. Elle n'était pas tellement prête à lui en parler, même si cela était son droit de le savoir. Les souvenirs de cette année étaient encore trop présents et la naissance du petit avait été le seul point positif de cette histoire. Bien-sûr, elle aurait aimé le partager avec le père, que leur fils ait une vie normale en grandissant avec un père aimant. Il s'était montré si parfait avec Lorcas, Elia et Dorian. L'unique pensée de ce dernier réussit à lui donner de légers frissons. La perte d'un enfant s'était révélée être l'épreuve la plus difficile de sa vie. Ce n'était pas censé se passer de cette façon. Il aurait dû à son tour grandir, découvrir la vie à sa manière, se rendre à Poudlard. Des tas de petits plaisirs qu'il ne connaîtrait jamais. Une boule vint se loger au creux de son ventre. Pas un jour ne passait sans qu'elle ne se remémorait son visage, le son de sa voix, ce doux sourire ou encore ses petites mimiques. Des éléments qu'elle avait l'impression parfois de retrouver en Rickon, même s'il ne remplaçait en aucun cas son défunt frère. Rickon avait une place aussi importante que le reste de la fratrie mais il n'avait pas eu l'amour qu'il méritait. Celui d'un père qu'il connut à travers de simples photos. Se demandant pourquoi lui n'avait pas eu le droit d'avoir un père comme tout le monde. Ysilla lui répondait qu'il était un homme bien qui avait simplement essayé de protéger sa famille.  Alors qu'elle en oubliait ses bonnes manières, Ysilla se reprit. « Evidemment, je ne te retiens pas alors si tu ne veux pas en parler, je le comprendrais. Sinon... j'ai plusieurs heures de libre que j'allais combler en cuisinant sans doute ! » Elle répondit à son sourire. Ce n'était pas tellement une invitation, mais juste une façon polie et terriblement maladroite de lui rappeler que cette maison était toujours la sienne.
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MessageSujet: Re: ~ memories won't fade and die. (reysen)    Dim 8 Fév - 15:52

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And the seasons Will change us new, But you're the best I've known and you know me. I could not be stuck on you If it weren't true. I was swimming My eyes were dark 'til you woke me And told me that opening is just the start. It was Now I see you, 'til kingdom come. You're the one I want to see me for all the stupid shit I've done. Soil and six feet under, Kept just like we were Before you knew you'd know me and you know me. ~ I'd Be Lying.

Enfermé à Azkaban, Reysen avait souvent essayé d’imaginer comment les choses pourraient se passer s’il avait la chance de sortir et de retrouver Ysilla ainsi que le reste de sa famille. Il avait toujours imaginé de belles retrouvailles, de simples pensées qui s’envolaient rapidement, happée par la froideur d’un détraqueurs qui passait pour lui pour lui ôter tous les espoirs qu’il pouvait essayer de se créer. Il s’était accroché à ces quelques images qu’il arrivait à voir naitre parfois derrière ses paupières closes. Ce n’étaient que des images, des songes qui ne se réaliseraient jamais, il l’avait bien compris, à la seconde où enfin, il avait quitté sa cellule. Tout avait changé autour de lui, trop changé sans doute. Ysilla avait trouvé un autre homme avec qui faire sa vie, les jumeaux avaient grandi, ils commençaient à faire leurs vies d’adultes, ils n’avaient plus vraiment besoin de leur père, lui qui avait été absent trop longtemps. Rien de ce qu’il avait pu imaginer par le passé n’était possible à présent et maintenant qu’il se retrouvait en face d’Ysilla, il ne pouvait que s’en rendre davantage compte. Il avait l’impression que l’atmosphère se tendait, il avait envie de lui crier dessus, de lui demander pourquoi est-ce qu’elle l’avait oublié comme elle l’avait fait, pourquoi est-ce qu’elle l’avait laissé croupir en prison alors que son frère lui s’était battu pour lui. Il voulait lui demander pourquoi elle n’avait même pas eu la décence de lui apprendre qu’il avait un fils. Il y avait tant de choses qui menaçaient de passer le seuil de ses lèvres et pourtant, les quelques paroles qui passèrent, étaient posées, simple et loin de ressembler à tout ce qu’il pouvait avoir en tête. Elle lui devait des explications, mais une partie de lui espérait encore qu’elles viennent d’elle plutôt que de lui cherchant des réponses à ses questions. Il était là, en face d’elle à présent, qu’importait le temps qu’il avait pu prendre avant d’oser enfin lui faire face, il était là maintenant et elle avait l’occasion de lui dire toutes ces choses qu’elle avait pu garder sous silence. Leur fils, cette nouvelle histoire d’amour pour laquelle elle l’avait laissé tomber. Il voulait savoir et maintenant qu’il était en face d’elle, il n’avait pas l’intention de partir sans avoir de réponse à ses questions. Il lui laissait cependant sa chance, elle pouvait encore parler avant qu’il n’exige des explications, il espérait qu’elle le fasse. Un espoir suffisant pour lui faire ravaler sa colère, cette colère qui s’emparait si souvent de lui depuis qu’il avait quitté Azkaban. Ainsi, il était plus calme qu’il n’aurait pu l’imaginer quelques jours plus tôt. Depuis qu’il était sorti de prison, qu’il avait pu la voir en compagnie d’un autre homme dans la maison qui avait été la sienne, depuis que Lorcas lui avait annoncé qu’il avait un fils dont Ysilla n’avait jamais évoqué l’existence, il avait un peu du mal à imaginer pouvoir garder son calme face à son épouse. C’était certainement l’une des nombreuses raisons qui l’avaient poussé à fuir ces retrouvailles dont pourtant, il avait rêvé lorsqu’il avait été encore enfermé dans sa cellule. Elle allait bien d’après ses dires, c’était déjà une bonne chose. Il avait beau lui en vouloir pour beaucoup de choses (qu’il savait pou la plupart injustifiée, mais sa rancœur avait pris trop d’importance durant les années passées à Azkaban), il ne lui souhaitait pas d’autres malheurs dans sa vie, il savait qu’elle avait déjà assez donné, ils avaient déjà assez donné. « Je suis ravi d’entendre ça. » Il esquissa un léger sourire à l’adresse de la jeune femme lui faisant face. Il l’était vraiment, c’était une bonne chose, pas la nouvelle qui allait le faire sauter de joie – il n’était pas sûr d’être encore capable de ressentir autant de joie de toute façon – mais ça restait rassurant. Ce qu’il pouvait ressentir pour Ysilla ne changeait rien au fait que pendant toutes les années qu’il avait pu passer à Azkaban, il s’était beaucoup inquiété pour sa famille, y compris pour Ysilla.

Ils étaient encore jeunes. L’idée lui arracha un léger soupire. Il avait l’impression d’avoir perdu tellement de temps derrière les barreaux de sa cellule qu’il avait l’impression d’avoir pris au moins vingt ans pendant ces six dernières années, pourtant non, il n’avait pris que six ans c’était un fait indéniable. « Oui c’est vrai, j’ai juste l’impression d’avoir le double de mon âge parfois. » Il laissa échapper un léger soupire. Heureusement, ce n’était qu’une impression. Il n’avait que trente-cinq ans et sans doute encore une grande partie de sa vie devant lui, même s’il avait l’impression que le plus important de son parcours était bel et bien derrière lui. Un rire grinçant et ironique s’échappa de sa gorge alors qu’elle évoquait Azkaban. Elle n’avait probablement aucune idée de ce que pouvait vraiment représenter Azkaban. Certes, il n’était pas aussi cinglé que certains des prisonniers de cet enfer, mais il n’en était certainement pas sorti indemne et il était clair qu’Ysilla le voyait sous un bon jour en cet instant, loin de sa bouteille de whisky et des cauchemars qui hantaient ses nuits, loin des crises de colère ou d’angoisse qui pouvaient parfois le prendre sans véritable raison. « Au moins, je n’ai pas complètement perdu la raison, c’est déjà ça. » Evidemment, ça aurait pu être pire. Ça pouvait toujours être pire. Il n’avait passé que six ans à Azkaban, ce n’était peut-être pas assez long pour détruire complètement un homme, mais c’était déjà bien assez long pour le briser. Suite à la question de la jeune femme, il haussa légèrement les épaules. Il n’était pas sorti depuis très longtemps, un mois et quelques semaines tout au plus. « Pas grand-chose. J’ai trouvé un travail, un endroit où loger. Ce n’est pas aussi facile que ça en à l’air de trouver tout ça quand on a Azkaban marqué sur le front. » Même s’il était innocenté, ses traits étaient tirés par tout ce qu’il avait connu à Azkaban, il avait l’impression que les gens n’avaient pas vraiment confiance en lui, ils ne savaient pas dans quel état d’esprit il pouvait être après tout ça et sans doute que nombreux étaient ceux le croyant complètement fou, alors forcément, malgré l’aide qu’il avait pu recevoir du ministère – et qu’il avait décliné – refaire sa vie était loin d’être facile. « Oui, j’ai recroisé Tristan, il fallait bien que je le remercie pour tout ce qu’il a fait pour moi. » C’était grâce à lui après tout qu’il était libre aujourd’hui. C’était parce que lui, il ne l’avait pas laisser tomber. « Et j’ai croisé Lorcas, il a voulu postulé à la librairie où je travaille et j’ai vu Elia au ministère. » Il les avait tous les deux croisés par hasard parce qu’il n’avait jamais eu le courage de frapper à la porte de cette maison. Aujourd’hui encore, son poing n’avait pas effleuré le bois de la porte. C’était peut-être encore le hasard qui l’avait mis face à Ysilla, puisqu’il avait eu l’intention de s’enfuir sans même avoir frappé à cette porte. Mais maintenant, elle était là et il n’avait plus envie de fuir. « Je suis venu pour parler à l’origine, donc, si je ne te dérange pas ... » Sur ces mots, il haussa nerveusement les épaules. De toute évidence et elle l’avait dit elle-même, elle avait du temps libre, alors sans doute qu’il ne la dérangeait pas, mais peut-être qu’au fond de lui, malgré l’assurance qu’il pensé avoir soudainement trouvé, il avait encore suffisamment envie de fuir pour espérer au moins un peu, qu’elle lui dise qu’elle était très occupée et qu’il fallait mieux qu’il repasse plus tard.

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MessageSujet: Re: ~ memories won't fade and die. (reysen)    Dim 15 Fév - 2:17

Au fil de leur discussion, Ysilla se rendait bien compte à quel point les années à Azkaban avaient été difficiles. Il ne le montrait pas, mais elle ne connaissait assez bien pour pouvoir le lire dans ses yeux. Jusqu'à ce qu'il sorte, elle ne s'était jamais vraiment rendu compte de l'ampleur des dégâts. Après tout, elle avait cessé de lui rendre visite quelques mois après son emprisonnement, uniquement dans le but de lui cacher l'existence du bébé. Elle n'avait pas pu voir tout ce mal, cette fatigue qui pesaient sur ses épaules à travers de simples lettres. Evidemment, elle savait bien que la prison était loin d'être agréable, mais il donnait l'impression d'aller si bien qu'elle pourrait presque y croire. Elle baissa les yeux quelques secondes. Il avait vieilli plus vite qu'elle ne l'avait fait. Même si elle aussi s'était confrontée à des situations bien difficiles, ce n'était sans doute pas comparable au mal de Reysen. « Oui, et puis c'est derrière toi maintenant. C'est l'essentiel, non ? » Il pouvait désormais oublier tout cela, ou du moins essayer et passer à autre chose. Il avait le droit de se reconstruire, de profiter enfin de cette tranquillité loin des cachots. Apprendre qu'il avait déjà un métier et un logement était plutôt rassurant, même s'il était tout à fait en droit de demander leur maison. « Tu t'en sors pas trop mal, finalement. » répondit-elle alors. Tout cela en un mois, c'était plutôt bien joué. « Enfin, ça ne m'étonne pas de toi. » Peu de monde croyait en sa sortie prochaine, pas même Ysilla qui s'était résignée à l'idée de voir son mari finir ses jours là-bas. Alors dans un sens, il avait réussi à prouver le contraire. Il évoqua ensuite Tristan, le frère d'Ysilla. Ce dernier s'était toujours battu pour le faire innocenter, pour qu'il puisse retrouver à nouveau sa liberté. Il y avait cru, du début à la fin, et était parvenu à atteindre ses objectifs. Malheureusement, Ysilla ne faisait pas parti de toute cette organisation. « Tristan y a toujours cru. Tout comme Lorcas d'ailleurs, il l'aidait dès que possible. » Ce fils qui n'adressait presque plus la parole à sa mère. Les erreurs que la sorcière avaient commis étaient beaucoup trop nombreux pour qu'il ne l'accepte. Aussi difficile que cela pouvait être à le comprendre, Ysilla avait toujours agi en pensant à ses enfants principalement. Elle n'avait pas décidé de faire passer sa petite personne en premier plan, non. Elle ne voulait que leur bien. Mais après toutes ces années, les difficultés surmontées, elle estimait mériter une pause. Une longue pause qui lui permettrait à son tour d'être dans un semblant de confort, de sécurité. Elle avait trouvé tout ceci dans les bras de Willem. Un sourire s'afficha alors lorsqu'ils évoquèrent les enfants. Ysilla savait bien que Lorcas avait revu son père, sans pour autant connaître les détails de leur rencontre. Quant à Elia... c'était une surprise. Ses yeux s'écarquillèrent légèrement lorsqu'il prononça son prénom. Elle, qui d'ordinaire lui racontait tout, avait omis cette entrevue. « C'est bien, c'est bien. Ils ont tellement grandi... » Un brin nostalgique, elle se souvenait encore des jumeaux enfants. Le temps filait sans attendre. « Comment ça s'est passé ? » demanda-t-elle alors. Si elle n'avait aucun doute du fait qu'avec Lorcas, le moment ait été agréable, elle ne pouvait pas en dire de même d'Elia. La jeune femme avait développé des idées complètement différentes de son frère jumeau concernant leur père.

« Bien-sûr que non, tu ne déranges pas. C'est chez toi après tout. » Elle l'invita ensuite à le rejoindre à l'intérieur. Ils avaient assez de temps pour parler, calmement ou non d'ailleurs. Ysilla avait  pourtant oublié des détails des plus importants : même si la maison n'avait pas tellement changé en six ans, il n'en était pas de même pour les photographies ou divers dessins accrochés sur les murs. Rickon aimait bien exposer ses œuvres un peu partout, alors il faisait de la maison sa galerie. Une fois à l'intérieur, elle prit une profonde inspiration et resta quelques secondes contre la porte. Dans le passé, ce genre de scène était si habituel qu'elle n'y faisait même pas attention. Aujourd'hui, le malaise mais aussi les souvenirs que cela ravivaient en elle prouvaient que tout était différent. Ils se connaissaient depuis tellement d'années, mais ils n'avaient jamais été aussi étrangers l'un à l'autre. Elle resta ensuite à le regarder quelques temps, avant de reprendre ses esprits et ouvrir la marche. Il connaissait parfaitement ces couloirs et n'avait sans doute pas besoin d'Ysilla, mais elle le conduisit tout de même jusqu'au salon. « Voilà. » lâcha-t-elle avec un petit rire nerveux. La situation étant plutôt délicate, Ysilla préféra se retirer dans la cuisine pour apporter de quoi boire. Après tout, elle ne savait pas combien de temps il avait attendu dehors alors ce serait peut-être le bienvenue. Elle finit par le rejoindre, immobile face à lui plusieurs secondes. Un verre à la main, elle se dit à cet instant précis qu'elle aurait préféré quelque chose de bien plus fort qu'un jus. Nerveuse, elle le fit d'ailleurs tourner dans ses mains à plusieurs reprises, le regard vagabondant dans la pièce, au plafond, sur des photos ou encore vers Reysen. Si avant, ils pouvaient rester de longues heures dans le silence sans que cela n'ait à les gêner, ce n'était plus tellement le cas aujourd'hui. Ils étaient là pour parler, alors autant se lancer. « Est-ce que tu as pensé à nous, là-bas ? » Sa voix vint briser le silence trop lourd à son goût. C'était peut-être égoïste de lui demander cela, mais elle avait besoin de le savoir. Parce que elle, elle avait pensé à lui. Même si elle n'en avait pas forcément donné l'impression. S'il était en colère contre elle, il devait au moins se raccrocher au souvenir de leurs enfants, des bons moments partagés ensemble. Elle fit tourner le verre entre ses mains encore plus fort, fixant son regard là-dessus. « Tu sais... ça a été un difficile pour nous après ton emprisonnement. Il a fallu faire des choix, certains dont je ne suis pas forcément fière. » La voix hésitante, elle faisait surtout allusion à sa grossesse. Reysen ne le savait toujours pas. Il avait un fils de six ans, et elle le lui avait caché. Mais c'était pour son bien, principalement. Elle avait longtemps essayé de calmer sa culpabilité, se répétant encore et toujours que c'était la meilleure des solutions. Et puis avec le temps, elle avait appris à vivre avec tout cela. Parce qu'elle n'avait pas tellement le choix. La blonde posa le verre qu'elle torturait depuis de longues minutes. Sur une table non loin étaient réunis quelques photos de familles. On pouvait y voir des images de l'enfance des jumeaux, de Dorian, les photos de famille incluant Tristan, son épouse et leur fille ainsi que leur parents. Les sourires aux lèvres, tous semblaient si heureux. Un peu plus vers le fond, les jumeaux de quatre ans à peine posaient fièrement dans les bras de leur père. Le premier anniversaire de Dorian, leurs toutes premières vacances ensemble. Et puis apparut la tête d'un nouvel enfant. Un enfant accompagné de sa mère et de Tristan. Un enfant qui n'avait aucune photo avec son père. Alors elle décida d'attraper la plus récente. Il s'agissait de Rickon, quelques jours avant la rentrée scolaire. Ysilla sentit la peur l'envahir, le découragement. Elle hésitait encore, appréhendant la réaction de son mari. Mais le regard rieur de Dorian avait suffit pour lui redonner la pêche. « Voici Rickon. » dit-elle simplement. Elle craignait de se trahir elle-même si elle en disait plus. Elle avait l'impression que son corps entier tremblait, mais elle était également heureuse de pouvoir le lui présenter enfin. « Il ressemble à notre Dorian, tu ne trouves pas ? »  Même si Rickon ne remplaçait pas Dorian, il était impossible d'ignorer les ressemblances entre les deux enfants. Ils étaient frères après tout. Et ce détail était d'autant plus triste que le petit dernier ne connaîtrait jamais son aîné, si ce n'est à travers des images seulement. Elle n'était plus tellement habituée à prononcer son prénom, tout comme celui de Reysen. Willem lui avait plusieurs fois proposé d'en parler, pour qu'elle se sente mieux, qu'elle se lâche un peu mais chaque fois elle avait refusé. Il se confrontait sans cesse à un mur. Alors sa voix trébucha en prononçant le prénom de leur défunt fils. Elle sentit une boule peser dans sa gorge et serra des poings pour éviter que les émotions ne la submergent. Elle avait des années d'expérience désormais, alors des larmes, elle savait les retenir. « Peu de temps après ton arrestation, j'ai appris que j'étais de nouveau enceinte. Un petit garçon. » Elle n'osait même pas le regarder dans les yeux. Elle fixait la photo qu'elle lui tendait. Si pour le moment il était assez calme, la situation allait sans doute dégénérer dans les secondes qui allaient suivre. Il pouvait la blâmer autant qu'il le voudrait, il pourrait ne pas la croire, mais ce choix n'avait pas été des plus faciles. « C'est... c'est pour que tu ne t'aperçoives pas de cette grossesse que j'ai préféré les correspondances aux visites. Je suis désolée, c'était la meilleure chose à faire. Ça aurait été trop difficile. » ajouta-t-elle doucement. Elle avait l'impression de se retrouver six années en arrière, quand tous leurs malheurs commençaient seulement. La douleur était intacte, mais elle s'était tant acharnée à la faire taire qu'elle en avait oublié l'intensité. Ysilla avait sans doute mal agit en décidant à la place de son mari. Elle devait faire face à de tels changements qu'elle avait dû s'y habituer le plus rapidement possible. Un temps, elle avait voulu lui en parler, mais ne trouvait jamais le courage de l'écrire sur une lettre. Elle ne pouvait pas lui avouer une telle vérité de cette manière. « Je n'attends pas que tu me pardonnes, juste que tu comprennes. » Alors qu'ils se retrouvaient seulement, la réunion n'allait pas être joyeuse. Ils avaient trop de temps à rattraper et pas seulement des bons moments.
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MessageSujet: Re: ~ memories won't fade and die. (reysen)    Dim 22 Mar - 16:47

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Azkaban était derrière lui. C’était une phrase que Reysen tentait de se répéter aussi souvent que possible. Il voulait qu’elle puisse l’aider vraiment l’admettre, véritablement passer à autre chose. Si seulement c’était possible. Le sorcier devait bien admettre que parfois, il doutait que ce soit véritablement le cas. D’une façon ou d’une autre, il serait toujours hanté par les souvenirs d’Azkaban. On ne sortait pas indemne de plusieurs années au milieu de cet enfer, c’était certain. Quoi qu’il fasse, quoi qu’il dise, ce serait toujours là, ancré en lui, comme une marque au fer rouge contre sa peau. Il n’allait pas oublier Azkaban, pas plus qu’il n’allait s’en remettre, sa vie avait bien trop changée et malgré ses tentatives de renouer avec son passé, retrouver absolument tout ce qu’il avait perdu était un but complètement vain. Il esquissa un léger sourire à l’adresse d’Ysilla avant de hausser légèrement les épaules. « Oui sûrement. » Ce n’était pas vraiment derrière lui et ça ne le serait jamais. Mais il n’avait pas envie d’en parler. Souvent – tout le temps sans doute – il préférait encore se noyer dans l’alcool plutôt que de s’épancher pendant des heures sur ce qu’il avait pu vivre à Azkaban. Quelqu’un d’avisé lui dirait sans doute que c’était probablement parce qu’il gardait tout pour lui qu’il n’arrivait as à avancer. Cette personne aurait probablement raison, mais ça n’avait pas d’importance. Il ne voulait pas en parler. Au fond, qu’est-ce qu’il y avait à dire ? Ça avait été l’enfer, il avait payé pour un crime qui n’en était pas vraiment un, il s’était bouffé les erreurs judiciaires en pleine face et ce pendant six ans. Il avait souffert, il souffrait encore. Fin de l’histoire. Il se souvenait pourtant bien des détails de ces six années d’enfer, mais les raconter n’aurait aucun intérêt, si ce n’est celui de remuer le couteau dans une plaie encore bien trop à vif. « Ouais, la vie doit bien continuer de toute façon. » Le monde ne s’était pas arrêté de tourner pendant les six années qu’il avait passé en prison et il n’allait pas s’arrêter maintenant pour lui laisser le temps de rattraper son retard, il devait reprendre le train en marche, se réadapter à la vie sans broncher. Ce n’était pas comme s’il avait vraiment le choix. Il s’en sortait parce qu’il le devait. Sinon quoi ? S’il avait survécu à Azkaban ce n’était pas pour se laisser mourir au fond d’un caniveau, sinon il aurait encore préféré mourir avant d’être enfermé. Peut-être que les choses auraient été plus simples pour tout le monde si tel avait été le cas. Mais il avait choisi de se battre, c’était bien plus lui, il n’avait jamais été le genre d’homme à abandonner facilement. Heureusement pour lui sans doute, il avait transmis ça à son fils. Lorcas avait aidé Tristan à prouvé son innocence aux yeux de cette justice pourrie. Sans eux il serait encore en train de moisir au fond de sa cellule à Azkaban. « Je suis content qu’ils n’aient pas abandonné. » Il était content qu’eux au moins, ils n’aient pas laissé tomber. Ce n’était pas le cas de tout le monde de toute évidence et même s’il avait évité de le préciser haut et fort dans son propos, le sous entendu était bel et bien là. Ils n’avaient pas abandonné. Mais elle en revanche, elle l’avait laissé tomber depuis longtemps, maintenant. Elle avait probablement embarqué Elia avec elle puisque cette dernière avait semblée aussi ravie de le revoir que si elle avait fait la rencontre d’un troll. « Ils sont adultes maintenant, ça fait bizarre. J’ai manqué tellement de choses. » C’était peut dire. Il avait manqué six années de leur vie, le passage de l’adolescence à l’âge adulte. Les premiers amours sans doute, les premières déceptions, les années passées à Poudlard, les diplômes. Six années qu’ils avaient dû passer sans leur père et qu’il avait dû passer loin de ses enfants. « Très bien avec Lorcas. Nettement plus compliqué avec Elia. J’ai ruiné sa vie hein ? » Quelque chose dans ce gout là en tout cas à en croire la rancune de sa fille. Les choses avaient été compliquées pour tout le monde mais à première vue, mais Elia était peut-être celle qui avait eu le plus de difficulté à faire avec la situation qui s’était imposée à elle.

Il avait suivit Ysilla jusqu’à l’intérieur de cette maison qu’ils avaient autrefois partagée. Il l’avait choisie ensemble, ils s’en étaient occupés ensemble. Elle lui était à la fois familière et étrangère. Il avait l’impression de ne pas avoir mis les pieds là-dedans depuis tellement longtemps. Six ans était le temps exact, mais bizarrement, ça semblait encore plus loin que ça. Il s’attarda un moment à regarder autour de lui les murs qui lui rappelaient des souvenirs venant causer un pincement douloureux dans son cœur. Remettre les pieds ici était bien plus difficile qu’il n’aurait pu l’imaginer. Pendant un instant, il eu même l’impression d’avoir du mal à respirer, d’avoir ce besoin fou de retourner à l’extérieur pour y retrouver l’air nécessaire à ses poumons pour s’en sortir. Il résista tant bien que mal à cette envie. Se précipitant à la suite d’Ysilla jusqu’au salon. Rien n’avait vraiment changé depuis la dernière fois qu’il était entré dans cette maison. Il aurait presque préféré que les meubles aient changés, que leur agencement ne soit plus le même mais mis à part quelques détails, tout avait l’air aussi semblable qu’autrefois. Observant les lieux, il avait à peine remarqué que la jeune femme s’était échappée vers la cuisine. Il regardait la pièce, revoyant presque les scènes qui avaient pu s’y dessiner avant qu’il ne soit enfermé à Azkaban. Son cœur tambourinait avec force et c’est dans un sursaut qu’il se retourna vers Ysilla quand cette dernière s’adressa à lui. Il ne pu retenir un rire légèrement ironique avant de détourner le regard et de tourner le dos à la jeune femme. « Je ne pensais qu’à vous à chaque fois que ça m’était permis. Les détraqueurs se nourrissent des souvenirs heureux. » Dès qu’ils étaient dans les parages – quasiment tout le temps – il ne lui était restés que les souvenirs les plus sombres, les plus douloureux. Ce moment où il avait découvert le corps de son fils, la peine qui avait marqué son cœur. C’était cette scène qui s’était le plus souvent répétée à lui, ramenée à la surface par les détraqueurs alors qu’il aurait voulu pouvoir l’enfouir au plus profond de lui pour ne garder que les meilleurs souvenirs. Ça avait été difficile pour eux, il voulait bien le croire. De là à complètement le laisser tomber comme elle l’avait fait ? C’était déjà plus difficile à concevoir. Ses visites, ses lettres, elles avaient représenté la seule lueur d’espoir parmi les ténèbres d’Azkaban et du jour au lendemain, elle avait tout cessé pour rester loin de lui avec des secrets qu’il méritait pourtant de savoir. Est-ce que ça aurait changé les choses s’il avait su pour Rickon ? Il n’en savait rien, mais si elle avait eu l’honnête de l’admettre peut-être qu’il aurait trouvé une raison de se battre. Se retrouvé seul ne lui avait pas franchement donné beaucoup de courage là-bas, alors qu’il lui en aurait sans doute fallu davantage pour s’en sortir. Il avait le droit de savoir qu’il avait un fils, c’était un fait indéniable et si elle voulait s’opposer à cette vérité, il espérait qu’elle puisse avoir de très bons arguments. Il la laissa parler sans répliquer, oubliant presque sa présence quand son regard se posa sur la photo de leur fils qu’elle lui avait confié. Il voulait lui dire qu’il savait et pourtant il en était incapable. Aucun mot ne pouvait sortir de sa bouche alors qu’il fixait cette photo avec attention, observant les traits de l’enfant, reconnaissant ceux qu’il avait en commun avec ses frères et sa sœur, avec Ysilla, avec lui. Il mit quelques minutes avant d’enfin lâcher la photo du regard, il s’y était comme perdu, c’était son fils après tout, il avait bien le droit. « Je sais. » Se contenta-t-il de répondre dans un premier temps. Il connaissait l’existence de cet enfant, mais pas grâce à elle. « Lorcas m’a mis au courant. Je me demandais combien de temps il te faudrait à toi pour me l’annoncer. Environ six ans, on frôle le record de rapidité attention ! » Il sentait ses nerfs le titiller à présent et il n’était pas très doué pour contrôler sa colère. Avant Azkaban, ça allait, depuis, mieux valait éviter de trop le chercher. « Je n’arrive pas à croire que tu ais pu me faire ça ! J’avais le droit de savoir. J’avais besoin de savoir ! » Il avait haussé la voix plus qu’il ne l’aurait dû sans doute, mais ça n’avait pas d’importance. Il laissa échapper un long soupire avant de serrer les poings, se faisant alors violence pour ne pas complètement exploser. Il tourna le dos à son interlocutrice comme si ça pouvait changer quelque chose. « Est-ce qu’il sait au moins que j’existe ou est-ce qu’il pense que son père c’est juste le type qui sort de nulle part avec qui tu as refais ta vie ? » Il savait pour ça aussi. Il n’avait pas attendu Ysilla pour récupérer son retard, sinon, de toute évidence, il ne ferait qu’en prendre davantage.

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